Entre l’AlgĂ©rie et la France la crise est Ă son comble. Une crise qui perdure de puis de trĂšs longs mois maintenant. En France les forces politiques affiliĂ©es Ă l‘extrĂȘme droite, voire mĂȘme celles de la droite traditionnelle, sont mobilisĂ©es pour porter les critiques les plus acerbes en direction de l ‘AlgĂ©rie
Une campagne haineuse soutenue, oĂč la menace de sanctions a Ă©tĂ© brandie, qui en dit long sur leur aversion contre l’AlgĂ©rie. C’est dans ce contexte que l’AlgĂ©rie vient de dĂ©terrer ce lourd dossier de la criminalisation du colonialisme. Un dossier qui a fait l’actualitĂ© en AlgĂ©rie il y a quelques annĂ©es lorsque des dĂ©putĂ©s ont Ă©laborĂ© un projet de loi portant sur la criminalisation du colonialisme. A l’Ă©poque cette incitative se voulait une rĂ©plique Ă la loi française glorifiant le colonialisme qui a, selon une des dispositions, moult « aspects positifs ». Et c’est justement au niveau de l’AssemblĂ©e populaire nationale (APN) que la question de la criminalisation du colonialisme a Ă©tĂ© remise sur le tapis. En effet, c’est le prĂ©sident de cette institution parlementaire, Brahim Boughali, qui a Ă©voquĂ© cette question il y a juste quelques jours lors d’un entretien avec une chaine de tĂ©lĂ©vision nationale.
Cette dĂ©claration mĂ©diatique accordĂ©e à «Echourouk TV» est intervenue dans le contexte de la crise avec la France, mais aussi suite Ă la rĂ©solution du Parlement europĂ©en sur l’affaire de l’Ă©crivain Boualam Sansal. InterrogĂ© justement sur la question de la criminalisation du colonialisme Boughali a Ă©tĂ© catĂ©gorique lorsqu’il a soutenu qu’« il est temps de mettre ce dossier sur la table». « ArrĂȘtons d’ĂȘtre sur la dĂ©fensive et passons Ă l’attaque », en prĂ©cisant que le pays « dispose de tous les atouts et preuves pour se dĂ©fendre ».
ET au prĂ©sident de la chambre basse du Parlement de revenir sur le projet de loi avortĂ© il y a quelques annĂ©es. Il a ainsi indiquĂ© que des « circonstances » ont fait que le projet ne soit pas examinĂ© pour ĂȘtre adoptĂ©. Au niveau de l’APN un autre projet existe. « On a reçu durant l’actuel mandat un autre projet de loi mais il doit ĂȘtre réécrit et actualisĂ© », a-t-il ajoutĂ©. Une affirmation qui atteste de la volontĂ© de passer Ă l’action pour faire aboutir le projet de loi contrairement Ă la fois prĂ©cĂ©dente.
En effet, le projet de loi en question, qui a notamment Ă©tĂ© initiĂ© par un dĂ©putĂ© du parti du FLN soutenu par des dizaines d’autres dĂ©putĂ©s de diffĂ©rentes formations politiques, a avortĂ© puisque il n’a pas reçu l’aval des plus hautes autoritĂ©s du pays Ă l’Ă©poque. Premier ministre durant cette pĂ©riode, Ahmed Ouyahia ; a martelĂ© Ă plusieurs reprises que les Affaires Ă©trangĂšres est un domaine exclusivement rĂ©servĂ© au prĂ©sident de la RĂ©publique.
En somme rien ne doit se faire sans le consentement et l’aval du prĂ©sident de la RĂ©publique. C’est donc en partie pour cette raison que le dĂ©funt prĂ©sident Abdelaziz Bouteflika n’a pas donnĂ© suite au projet de loi en question. Il faut dire aussi qu’entre temps la loi française glorifiant le colonialisme a Ă©tĂ©, Ă l’initiative du prĂ©sident Jaques Chirac, pratiquement expurgĂ© de toutes les dispositions qui ont irritĂ© l’AlgĂ©rie. Mais, aujourd’hui, la donne a pratiquement changĂ© puisque les partis xĂ©nophobes et les nostalgiques de « l’AlgĂ©rie française » dominent la scĂšne politique en France.