Le Midi Libre - evénement - Un scandale sans fin

Edition du 11 Novembre 2020



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Affaire Khalifa
Un scandale sans fin
11 Novembre 2020

L’affaire Khalifa Bank est de nouveau sous les feux des projecteurs. Son ex-Président directeur general, Abdelmoumene Khalifa, revient en effet sur le devant de la scène à la faveur du nouveau procès qui se déroule, depuis quelques jours déjà, au tribunal de Blida.

C’ est la troisième fois que la justice tente de faire toute la lumière sur cette scnadaleuse affaire qui a défrayé la chronique au tout début des années 2000. Cela correspondait, pour la petite histoire, avec le début du règne de l’ancien régime du président Bouteflika. L’Algérie venait alors de découvrir un scandale financier d’une ampleur inédite. Abdelmoumene Khalifa, pharmacien de son état, a créé un veritable empire avec une banque, une chaine de télévision et une compagnie aérienne. En quelques années seulement, l’empire Khalifa a connu un développement jamais connu par une entreprise privée dans le pays.

L’argent coulait à flots et le golden Boy arrosait toute la nomenklatura du pays. L’opinion publique nationale est sidérée par ce qui est désormais devenue une veritable escroquerie, oeuvre d’un homme qui a su se jouer de toutes les institutions financières du pays, pour devenir, en un laps de temps record, le premier milliardaire algérien de l’ère moderne. Sa réussite est devenue un modèle et on se bousculait chez lui, tellement l’homme est devenu puissant. Lors du premier procès, et alors que Abdelmoumene Khalifa était en fuite à l’étranger, les Algeriens decouvrent ahurris le défilé des plus hauts responsables du pays devant la justice. Des ministres de la République, des P-dg de banques et de grandes entreprises nationales ou de hauts dirigeants d’organismes publics défilaient en effet à la barre des accusés. Eton découvrait alors, avec une grande stupéfaction, comment sont gerés les affaires du pays. Des centaines de milliards, sonnants et trébuchants, appartenant aux organismes publics, élisaient domicile dans la banque du milliardaire algérien, qui menait alors un train de vie démentiel. Abdelmoumene Khalifa côtoyait alors les grandes stars, qui ‘s’enorgueillaient de faire partie de son cercle privé.

Ce nouveau procès, qui intervient après la réponse favorable de la Cour suprême au pourvoi en cassation du dernier verdict prononcé en 2015, va incontestablement confirmer les principaux faits liés à cette scabreuse affaire. Une affaire pour laquelle Abdelmoumene Khalifa a été condamné en 2015 à 18 années de prison. Khalifa et les autres accusés dans cette affaire sont poursuivis pour les chefs d’inculpation de "constitution d’association de malfaiteurs", "falsification de documents officiels et usage de faux", "vol en réunion, escroquerie, abus de confiance et corruption", "falsification de documents bancaires", et "banqueroute frauduleuse". Autant dire que ce sont de très lourdes accusations qui pèsent sur les accusés. Les accusés sont également poursuivis pour "escroquerie" et pour "abus de confiance et abus d’influence". Cette affaire, qui a été la première du genre à secouer le pays, a été en quelque sorte le début de pratiques pour le moins louches, dans la gestion des affaires du pays. Car, des années après, l’oligarchie avait fait main basse sur les deniers publics, alors que l’on croyait qu’avec l’affaire Khalifa Bank, le pays était immunisé contre la rapine à très grande échelle.

Par : KAMAL HAMED

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