Le diabète de type 2 reprĂ©sente 90 % des cas et se manifeste gĂ©nĂ©ralement Ă l’âge adulte chez des personnes en surpoids, mais dĂ©sormais de plus d’adolescents et de jeunes adultes sont touchĂ©s ce qui aggravent le risque de complications. Un meilleur Ă©quilibre alimentaire et une activitĂ© physique rĂ©gulière, avec un amaigrissement peuvent empĂŞcher la maladie d’Ă©voluer et font partie du traitement, au mĂŞme titre que les mĂ©dicaments qui ont dĂ©sormais dĂ©montrĂ© leur capacitĂ© Ă rĂ©duire le risque cardiovasculaire et la mortalitĂ©.
Le diabète de type 2 est aussi appelé diabète non insulino-dépendant (DNID) ou encore diabète gras ou de la maturité. Il est caractérisé par un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie.
Qu’est-ce que
le diabète de type 2 ?
Le diabète est dĂ©fini par un taux de sucre anormalement Ă©levĂ© dans le sang. Pour affirmer le diagnostic, ce taux, ou glycĂ©mie, doit ĂŞtre supĂ©rieur Ă 1,26 g/l Ă jeun, lors de deux prises de sang Ă quelques semaines d’intervalle.
Le diabète de type 2, ou diabète non insulinodĂ©pendant, ou diabète gras, apparaĂ®t classiquement Ă l’âge adulte, chez des personnes prĂ©sentant un lĂ©ger embonpoint et ayant souvent des diabĂ©tiques dans leur famille. En France, 90 % des diabĂ©tiques sont concernĂ©s par cette maladie insidieuse.
Dans le diabète de type 2, l’augmentation de la glycĂ©mie est due Ă une mauvaise rĂ©gulation du sucre dans l’organisme par l’insuline. Cette maladie rĂ©sulte en fait de l’interaction de deux mĂ©canismes : tout d’abord, un mauvais fonctionnement, probablement gĂ©nĂ©tique, des cellules du pancrĂ©as, les cellules bĂŞta, qui fabriquent l’insuline. Ces cellules ne sont pas dĂ©truites comme dans le diabète de type 1, mais elles fonctionnent mal et ne s’adaptent pas aux conditions auxquelles elles sont soumises.
Le deuxième mĂ©canisme est la rĂ©sistance des cellules Ă l’insuline, ou insulinorĂ©sistance, c’est-Ă -dire que l’insuline peine Ă faire entrer le sucre dans les cellules pour leur apporter leur Ă©nergie. La production de cette hormone augmente pour essayer de « forcer » l’entrĂ©e du sucre dans les cellules afin de maintenir une glycĂ©mie normale. Lorsque cette première mesure ne suffit plus, le pancrĂ©as s’Ă©puise et le sucre s’accumule dans le sang. Cette rĂ©sistance Ă l’insuline apparaĂ®t normalement avec le vieillissement, mais elle est surtout provoquĂ©e par de mauvaises conditions hygiĂ©no-diĂ©tĂ©tiques : l’excès calorique et la sĂ©dentaritĂ©.
Si le muscle ne travaille pas ou si les rĂ©serves en graisses sont très importantes et utilisĂ©es prĂ©fĂ©rentiellement comme dans l’obĂ©sitĂ©, les cellules deviennent moins sensibles Ă l’insuline.
Comment
se manifeste-t-il ?
Certains signes peuvent attirer l’attention, comme une envie d’uriner plus frĂ©quente d’apparition rĂ©cente, avec l’obligation de se lever la nuit, une soif anormale, jour et nuit, ou le dĂ©veloppement d’une mycose gĂ©nitale avec rougeurs et dĂ©mangeaisons. Le sucre abĂ®me les plus petites artères du corps humain, entraĂ®nant des atteintes des yeux, des reins et des nerfs, notamment ceux des jambes.
Mais il s’attaque Ă©galement aux artères plus grosses et, avec l’aide de ses complices, tabac, hypertension artĂ©rielle et cholestĂ©rol, il provoque l’artĂ©rite des membres infĂ©rieurs et la maladie coronarienne pouvant aller jusqu’Ă l’infarctus. Aujourd’hui plus de 500 000 Français sont diabĂ©tiques sans le savoir ! Pendant des annĂ©es, cette maladie reste « silencieuse », sans aucun symptĂ´me. RĂ©sultat : le diagnostic est souvent Ă©tabli avec cinq ou dix ans de retard. Mais l’excès de sucre a dĂ©jĂ provoquĂ© de graves dĂ©gâts : lĂ©sions au niveau des yeux, des reins, des nerfs, du cĹ“ur et des jambes — nĂ©cessitant parfois une amputation. Ainsi, cette maladie est la première cause de cĂ©citĂ© en France : 5000 diabĂ©tiques perdent la vue chaque annĂ©e. Il faut donc dĂ©pister cette maladie le plus tĂ´t possible par un dosage de la glycĂ©mie Ă jeun.
Qui doit se faire
dépister ?
Il faut se faire dĂ©pister dès quarante ans, puis tous les cinq ans, si un des parents directs (parents, frères et sĹ“urs, oncles et tantes, grands-parents) est diabĂ©tique, en cas de surpoids important, surtout sur le ventre, d’hypertension, d’excès de cholestĂ©rol et/ou de triglycĂ©rides dans le sang ou d’accouchement d’un gros bĂ©bĂ© (de plus de 4 kilos) ou de diabète durant la grossesse ou lors de la prise de certains mĂ©dicaments comme les corticoĂŻdes.
Quels sont les risques associés ?
Diabète, tabac, excès de mauvaises graisses dans le sang, surpoids abdominal, tension artĂ©rielle trop Ă©levĂ©e, manque d’exercice physique, stress, alimentation pauvre en fruits et lĂ©gumes et consommation excessive d’alcool… 9 facteurs qui se potentialisent pour fragiliser les artères et le cĹ“ur.
Si certains Ă©lĂ©ments de risque ne sont pas modifiables, comme l’âge, le sexe ou l’hĂ©rĂ©ditĂ©, il est en revanche possible d’agir par des mesures simples sur les autres. Chacun peut donc ĂŞtre maĂ®tre de la santĂ© de son cĹ“ur !
Les scientifiques ont montré les bénéfices de mesures simples pour réduire le risque global de maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans les pays industrialisés.
L’arrĂŞt du tabac, une alimentation pauvre en graisses et riche en fruits et lĂ©gumes, 30 Ă 40 minutes d’activitĂ© physique trois Ă quatre fois par semaine, moins de deux verres de vin par jour font baisser votre risque de près de 90 % !
Ainsi, la prise en charge actuelle du diabète de type 2 ne se rĂ©sume pas Ă normaliser le taux de sucre dans le sang, elle s’accompagne du dĂ©pistage et du traitement de tous les autres facteurs, qui, conjointement au diabète, abĂ®ment les artères. Un exemple, la simple correction de mauvaises habitudes alimentaires peut faire perdre du poids et rĂ©duire le taux de sucre dans le sang, pouvant parfois permettre une rĂ©duction du traitement mĂ©dicamenteux du diabète.
Qu’est-ce que
le syndrome métabolique ?
Le syndrome métabolique est caractérisé par le regroupement des facteurs suivants :
- une obésité androïde, surpoids avec accumulation des graisses au niveau abdominal ;
- un bilan des graisses du sang perturbé, avec un taux bas de « bon » cholestérol (HDL-cholestérol) et un taux élevé de triglycérides ;
- une tension artérielle trop élevée ;
- un diabète de type 2.
Ce syndrome induit un risque cardiovasculaire global particulièrement augmenté. Il est de plus en plus fréquent dans les pays occidentaux (une personne sur quatre aux Etats-Unis) et il est associé à un risque de décès prématuré.
Souvent méconnu par les malades, parfois même par les médecins, il peut pourtant être traité efficacement pour prévenir les complications qui mettent la vie en jeu.
Les personnes Ă risque sont celles qui mènent une vie très sĂ©dentaire, qui ont un surpoids abdominal (tour de taille chez l’homme > 102 cm et chez la femme > 88 cm).
Le mĂ©canisme initial de ce syndrome est l’insulinorĂ©sistance. Or, un surpoids de 35 Ă 40 % par rapport au poids normal correspond Ă une diminution de la sensibilitĂ© des cellules Ă l’insuline de près de 40 %.
Quelques mesures simples permettent de dépister le syndrome métabolique :
- prise de tension artérielle ;
- mesure de tour de taille ;
- glycémie à jeun ;
- bilan lipidique.
Quel est le rĂ´le du sucre dans le sang ?
Les glucides dans l’alimentation existent sous des formes très diffĂ©rentes.
Le sucre est prĂ©sent sous forme d’une seule molĂ©cule (comme le fructose dans les fruits), de deux molĂ©cules (le lactose dans le lait, le saccharose dans le sucre en morceaux) ou enchaĂ®nĂ©es Ă plusieurs dizaines ou centaines de molĂ©cules (amidon des pommes de terre, pain).
Lorsque l’on mange des glucides, les sucres qu’ils contiennent sont digĂ©rĂ©s dans le tube digestif.
Le but Ă©tant de dĂ©couper les chaĂ®nes d’hydrates de carbone et de les transformer pour qu’il ne reste plus que des molĂ©cules simples : le glucose.
C’est sous cette forme uniquement que l’organisme est capable d’utiliser le sucre. Ensuite dans l’intestin, le glucose est absorbĂ© et mis en circulation dans leng.
Le glucose joue un vrai rĂ´le de carburant pour les cellules. C’est grâce Ă sa combustion que les cellules obtiennent l’Ă©nergie nĂ©cessaire Ă leur survie, et Ă leur fonctionnement. Telle une gigantesque pompe Ă essence, les vaisseaux sanguins acheminent le glucose vers toutes les cellules du corps.
Si l’alimentation est la source principale d’approvisionnement en sucre de l’organisme, il existe une certaine autonomie du corps. Quand le sang s’appauvrit en sucre, le foie prend la relève : il peut stocker et fabriquer du sucre.
Cet organe est capable de concentrer le glucose en fabriquant des chaînes appelées glycogène. Au moindre signe, le foie libère du glucose pour que les cellules puissent fonctionner normalement.