Le rĂ©gime du Makhzen est embourbĂ© dans des problèmes aux multiples facettes: corruption hĂ©morragique, crise sociale, crise Ă©nergĂ©tique, crise de l’eau, chĂ´mage endĂ©mique, ainsi qu’un système de retraite au bord de la faillite, alors que le gouvernement d’Akhannouch peine Ă trouver des solutions concrètes pour restaurer la confiance des citoyens, relève un organisme marocain.
Alors que la rentrĂ©e politique s’amorce au Maroc, l’Observatoire du travail gouvernemental (Otrago) publie une Policy Paper qui analyse les principaux problèmes auxquels fait face l’exĂ©cutif dirigĂ© par Aziz Akhannouch, Ă savoir la corruption, la crise sociale, la crise Ă©nergĂ©tique et de l’eau, le chĂ´mage, ainsi que le système de retraites «menacĂ© de faillite». Parmi les prĂ©occupations majeures soulevĂ©es par l’Otrago, figure le secteur de l’eau, Ă propos duquel le document souligne que la crise s’aggrave en raison des changements climatiques et de la raretĂ© des ressources hydriques.
Selon les prĂ©visions figurant dans le texte, la demande en eau au Maroc pourrait augmenter de 30% d’ici 2030, imposant une pression supplĂ©mentaire sur les ressources disponibles. De plus, le Makhzen est toujours confrontĂ© Ă un chĂ´mage galopant. L’Otrago estime dans ce contexte que l’emploi reste un point noir.
Le taux de chĂ´mage national a dĂ©passĂ© les 13,7%, rĂ©vĂ©lant une incapacitĂ© Ă crĂ©er suffisamment d’opportunitĂ©s pour les jeunes, note le rapport qui souligne Ă©galement l’augmentation inquiĂ©tante des NEET (jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en Ă©ducation), un problème qui touche plus d’un million et demi de jeunes au Maroc. La diminution des emplois dans le secteur rural, due Ă la sĂ©cheresse et aux crises Ă©conomiques successives, aggrave la situation. Plus de 160 000 postes ont Ă©tĂ© perdus dans l’agriculture et ce chiffre pourrait augmenter sans des mesures gouvernementales concrètes, rappelle le document.
Quant Ă la corruption, l’Otrago qualifie ce flĂ©au de vĂ©ritable «ogre affamé», coĂ»tant annuellement plus de 50 milliards de dirhams (MMDH) aux caisses de l’Etat. Cette situation nuit non seulement Ă l’Ă©conomie, mais Ă©rode Ă©galement la confiance des citoyens dans les institutions publiques. Le Maroc a reculĂ© de la 73e Ă la 97e place dans l’Indice de Perception de la Corruption en seulement cinq ans. MalgrĂ© la mise en place de la stratĂ©gie nationale de lutte contre la corruption, l’implication des institutions reste faible, et les rĂ©sultats, limitĂ©s.
Le rapport de l’Instance nationale de la prĂ©vention et de la lutte contre la corruption pour 2023 souligne en effet l’absence d’engagement effectif des acteurs concernĂ©s, aggravant la propagation du phĂ©nomène. Par ailleurs, la rĂ©forme des retraites est un chantier Ă©pineux pour l’Etat. Selon l’Otrago, le système de pensions civiles est menacĂ© de faillite d’ici 2028, nĂ©cessitant une intervention rapide. Les propositions du gouvernement -augmentation des cotisations, relèvement de l’âge de la retraite, rĂ©duction des pensionssont jugĂ©es insuffisantes par les syndicats.
Ces derniers estiment que les travailleurs porteront l’essentiel du fardeau, sans garanties sur l’amĂ©lioration des prestations, soutient le document. Vient s’ajouter Ă tout cela un mĂ©contentement social, alimentĂ© par l’augmentation des prix et l’inflation, ce qui reprĂ©sente une menace grandissante pour la stabilitĂ© du pays, selon le document qui qualifie la situation au Maroc d’«alarmante». La montĂ©e des revendications pour des hausses de salaires et une amĂ©lioration des conditions de vie met le gouvernement sous une pression constante, estime l’Observatoire, qui souligne que le pouvoir d’achat des citoyens, dĂ©jĂ affaibli par la flambĂ©e des prix des denrĂ©es alimentaires et de l’Ă©nergie, est gravement menacĂ©.