Le Midi Libre - evénement - "Le confinement est plus qu’indispensable"
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Edition du 27 Juillet 2021



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Dr Mohamed Yousfi :
"Le confinement est plus qu’indispensable"
27 Juillet 2021

"La situation est dĂ©jĂ  grave et, avec le variant Delta, elle ne peut que s’aggraver davantage", alerte le Dr Mohamed Yousfi. Le prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© algĂ©rienne d’infectiologie en appelle, hier dans L’invitĂ© de la rĂ©daction de la chaĂ®ne 3 de la Radio algĂ©rienne, Ă  la conscience et Ă  la responsabilitĂ©, collectives, pour aider les professionnels de la SantĂ© Ă  faire face Ă  cette 3e vague.

"La balle est dans leurs camps", dit-il s’adressant Ă  la population algĂ©rienne pour qu’elle respecte le protocole sanitaire et aux pouvoirs publics pour qu’ils fassent respecter les dispositions lĂ©gales. Pour le Dr MohamedYousfi, les nouvelles mesures de confinement ne sont pas assez strictes. "En tant que spĂ©cialistes, nous aurions aimĂ© que la plage horaire du confinement soit Ă©largie et que les activitĂ©s et commerces nonessentiels soient inclus", explique le prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© algĂ©rienne d’infectiologie qui fait Ă©galement remarquer qu’il faut au moins 3 semaines de confinement pour casser le rythme de contamination. Il regrette que "les appels rĂ©pĂ©tĂ©s des professionnels de santĂ© Ă  l’adhĂ©sion de la population au respect des gestes barrières n’aient pas Ă©tĂ© entendus." Le docteur Mohamed Yousfi dĂ©plore Ă©galement "l’absence de contrĂ´le par les pouvoirs publics." Le mĂ©decin rappelle que " cela fera 17 mois que les professionnels de la santĂ© publique sont mobilisĂ©s et qu’ils sont sur les rotules". Ă  l’Ă©puisement physique, s’ajoute l’Ă©puisement moral, induits, selon lui, par "le problème d’oxygène vĂ©cu durant cette 3e vague."

"Tout le fardeau de la pandémie est pris par le secteur public"

Le docteurMohamedYousfi estime " normal" que le poids de la pandĂ©mie deCovid-19 repose uniquement sur les structures de santĂ© publique. Pour le prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© algĂ©rienne d’infectiologie, "le secteur privĂ©, la mĂ©decine universitaire, scolaire, du travail oumilitaire doivent venir en aide au secteur public." Il appelle les hautes autoritĂ©s de l’État Ă  mettre en place un cadre rĂ©glementaire qui oblige tous les acteurs Ă  s’impliquer dans la lutte contre cette pandĂ©mie. Il cite l’exemple de Blida, qu’il qualifie "d’Ă©picentre de la pandĂ©mie. L’hĂ´pital de Boufarik est le plus touchĂ© en AlgĂ©rie avec plus de 4.200 patients hospitalisĂ©s depuis plus d’une annĂ©e", tĂ©moigne le Dr Yousfi. "Cela fait une annĂ©e que nous demandons de l’aide mĂ©dicale et paramĂ©dicale. Rien du tout", dit-il. Pour le prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© algĂ©rienne d’infectiologie, "ce sont pratiquement toujours les mĂŞmes Ă©quipes qui sont mobilisĂ©es alors que d’autres peuvent venir les aider."

"Avec le Delta, il faut vacciner 90% de la population"

Le docteur en infectiologie appelle Ă  accĂ©lĂ©rer le rythme de la vaccination. "Le variant Delta touche toutes les tranches d’âges, c’est pour cela que les stratĂ©gies vaccinales changent Ă  travers le monde pour inclure les enfants Ă  partir de 12 ans." Toujours selon ce professionnel, "il faudra vacciner 90 % de la population pour atteindre l’immunitĂ© collective." Tout doit ĂŞtre mis en place pour protĂ©ger la population estime le Dr Mohamed Yousfi, qui insiste sur le renforcement du contrĂ´le.

Par : R. N.

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