Le Midi Libre - evénement - Tebboune propose d’accueillir un dialogue direct entre Libyens

Edition du 21 Janvier 2020



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Conflit en Libye
Tebboune propose d’accueillir un dialogue direct entre Libyens
21 Janvier 2020

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait part, avant-hier depuis la capitale allemande, Berlin, de "la disponibilité de l’Algérie à abriter le dialogue entre les frères libyens" et son rejet "catégorique" de la politique du fait accompli en Libye.

Intervenant devant les participants à la Conférence de Berlin sur la Libye, le président de la République a réitéré son appel à "la communauté internationale d’assumer sa responsabilité en matière de respect de la paix et de la sécurité dans ce pays", affirmant que "l’Algérie refuse toute atteinte à son intégrité nationale et à la souveraineté de ses institutions". "Nous sommes appelés à arrêter une feuille de route aux contours clairs, qui soit contraignante pour les parties, visant à stabiliser la trêve, à stopper l’approvisionnement des parties en armes afin d’éloigner le spectre de la guerre de toute la région", a indiqué M. Tebboune appelant à "encourager les parties libyennes à s’asseoir autour de la table pour résoudre la crise par le dialogue et les voies pacifiques et éviter ainsi des dérapages aux conséquences désastreuses".

Et d’ajouter : "L’Algérie est prête à abriter ce dialogue escompté entre les frères libyens". Après avoir souligné que "la région a besoin d’une stabilité fondée sur la sécurité commune", il a réitéré "l’attachement de l’Algérie au maintien de la région loin des ingérences étrangères". "La sécurité de la Libye est le prolongement de notre propre sécurité et le meilleur moyen de préserver notre sécurité régionale reste la coopération et l’entraide avec nos voisins pour faire face au terrorisme et à l’extrémisme", a-t-il poursuivi. A cet égard, le président de la République a rappelé "les efforts que l’Algérie n’a eu de cesse de déployer pour inciter les parties libyennes à adhérer au processus de dialogue, parrainé par les Nations unies et accompagné par l’Union africaine (UA), en vue de former un go vernement d’entente nationale apte à gérer la transition et la réédification des institutions de l’Etat libyen pour relever les défis qui se posent au peuple libyen".

L’Algérie a participé "activement à divers niveaux" à tous les efforts en faveur d’une solution politique à la crise libyenne, a-t-il encore dit citant, dans ce cadre, son initiative, en mai 2014, pour la création du Mécanisme des pays voisins de la Libye, qui a tenu sa première réunion à Alger, ainsi que les différentes cycles de dialogue qu’elle a abritées depuis mars 2015 entre les dirigeants des partis politiques libyens dans le cadre des processus de dialogue, supervisés par l’Onu. "Au delà des offices menées loin des projecteurs afin de garantir la réussite de sa démarche, l’Algérie a oeuvré intensément pour la stabilisation du cessez-le-feu, partant de son sens de solidarité à l’égard du peuple libyen frère", a fait savoir M. Tebboune. Mettant en avant la position "équidistante" de l’Algérie dans le conflit, il a évoqué ses effort pour le rapprochement des vues et l’établissement de passerelles de communication avec tous les acteurs en plus de ses appels incessants à faire prévaloir la sagesse et à favoriser le processus pacifique pour le règlement de la crise.

"Option qui demeure la seule à même de garantir l’unité du peuple libyen et le respect de sa souveraineté, loin de toute ingérence étrangère", a-t-il soutenu. Pour le Président Tebboune "les afflux d’armement au profit des parties en conflit a exacerber la situation en Libye, sans parler de l’implication de combattants étrangers et la présence de groupes terroristes extrémistes, dont les activités ont accru avec l’escalade militaire, menaçant ainsi la paix locale, régionale et internationale". "Les luttes d’influence régionales et internationales et la multiplicité d’agendas contradictoires jouent en faveur du statu quo", a ajouté M.

Tebboune qui a mis en garde contre les dangers de cet état de fait sur les efforts onusiens et régionaux pour parvenir à trouver une solution politique. Par ailleurs, le président de la République s’est dit "confiant en la capacité du peuple libyen à dépasser cette épreuve si l’occasion lui est donné, sous une supervision onusienne neutre, de s’engager dans un processus de dialogue et de réconciliation nationale envue de parvenir à un règlement politique global, basé sur la garantie de la sécurité et de la stabilité de la Libye et l’édification d’un État démocratique fort, apte à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire libyen sans ingérence étrangère dans ses affaires internes".

L’accord politique libyen, cadre viable pour la solution

Lors de cette conférence, les dirigeants de pays participants ont réitéré leur soutien à "l’accord politique libyen en tant que cadre viable pour la solution politique en Libye", indique le document final de la Conférence. "Nous appelons également à lamise en place d’un Conseil de présidence opérationnel et à la formation d’un gouvernement libyen unique, unifié, inclusif et efficace approuvé par la Chambre des représentants", ajoute le document. Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Gutteres, a rappelé, de son côté, qu’il ne peut y avoir de solution militaire en Libye, insistant sur la prise "des mesures immédiates et décisives pour empêcher une guerre civile totale".

"La Libye a été entrainée dans un conflit toujours plus profond et destructeur avec un nombre croissant d’acteurs externes également impliqués", a déploré le SG de l’Onu à Berlin, appelant "tous ceux qui sont directement ou indirectement impliqués dans le conflit à tout faire pour soutenir une cessation effective des hostilités et faire taire les armes" et à "cesser les violations incessantes et flagrantes de l’embargo sur les armes imposé par le Conseil de sécurité".

Par ailleurs, les participants dans leur déclaration finale, ont "exhorté les parties libyennes à reprendre le processus politique inclusif dirigé par les Libyens sous les auspices de la Manul (Mission d’appui des Nations unies en Libye), en s’y engageant de manière constructive, ouvrant ainsi la voie à la fin de période de transition, des élections parlementaires et présidentielles libres, équitables, inclusives et crédibles", soulignant "le rôle important des pays voisins dans le processus de stabilisation libyen". Les conférenciers ont, toutefois, appelé à la fin de "tous les mouvements militaires en faveur des parties au conflit, ou en soutien direct à celles-ci, sur tout le territoire de la Libye et à partir du début du processus du cessez- le-feu", indique le document.

Un appel à des mesures crédibles, "vérifiables, séquencées et réciproques, a été lancé, à commencer par une trêve mise en oeuvre par toutes les parties concernées, y compris des mesures crédibles vers le démantèlement de tous les groupes armées et des milices par toutes les parties" soulignant la nécessité du "redéploiement d’armes lourdes, d’artillerie et de véhicules aériens et leur cantonnement". Selon le document, un comité spécial de suivi sera mis en place sous l’égide de l’Onu pour mettre en oeuvre les résultats de la Conférence de Berlin sur la Libye, et suivre les progrès essentiellement basés, le cessezle- feu, l’embargo sur les armes, la reprise du processus politique, les réformes du secteur de la sécurité, les réformes économiques, les droits de l’Homme

Par : LAKHDARI BRAHIM

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