Le Midi Libre - evénement - Guerre ouverte à la Cour des comptes

Edition du 14 Mai 2019



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Dossier de la lutte contre la corruption
Guerre ouverte à la Cour des comptes
14 Mai 2019

La guerre de tranchées entre le syndicat et leprésident de la Cour descomptes se poursuit.

Le Syndicat a ainsi réagi, hier, aux récentes déclarations du présidentde la Cour des comptes,Abdelkader Benmarouf, qui a notammentaffirmé que "la Cour qu’il présidene peut se substituer à la justiceen matière de lutte contre la corruption"."S’il est vrai que la Cour des comptes ne peut se substituer à lajustice comme l’a affirmé le président,il est aussi vrai qu’elle estdotée d’une expertise qu’elle doitmettre à la disposition de la justice, àtravers la transmission de rapportscirconstanciés pénales", affirme lesyndicat dans un communiqué.

"Et c’est justement ce rôle de pourvoyeurde faits susceptibles de qualificationspénales que la Cour des comptesn’assure plus régulièrement depuisplus de 20 ans", ajoute-t-il."Pour justifier ses échecs, le présidentn’a pas trouvé mieux que demettre en exergue l’absence demoyens humains et techniques auniveau de la Cour pour lutter contrela corruption oubliant au passagequ’il est le premier responsable decette situation. Cet aveu manifested’échec de sa propre gestion ne peutqu’encenser le syndicat sur la justesseet la véracité de notre constat",poursuit le syndicat des magistrats dela Cour des comptes. Le syndicat aégalement réagi aux déclarations du président de la Cour des comptes qui a affirmé que le contrôle des financesdes entreprises publiques économiques

(EPE) ne "relève pas de laCour". "Le denier public représentetoute ressource qui sort du Trésorpublic au profit des administrationspubliques, en plus des subventionsaccordées aux entreprises publiqueséconomiques. Mais les financesd’une entreprise publique, comme laSonatrach par exemple, sont desfinances privées car il s’agit d’uneentreprise commerciale même si soncapital est public", avait indiquéAbdelkader Benmarouf dans unentretien accordé à l’APS."Entendre le premier responsabled’une

institution constitutionnellechargée de contrôler les denierspublics affirmer que les capitaux desEPE sont des deniers privés et qu’ilsne relèvent donc pas du contrôle dela Cour des comptes signifie, aumieux, qu’il veuille juste fuir ses responsabilitéspour ne pas rendrecompte sur l’absence de la Courdans la lutte contre la corruption auniveau du secteur économique, aupire c’est ignorer les attributions et prérogatives de l’institution qu’ildirige depuis plus de 24 ans, ce quiest inimaginable",

dénonce enréponse le syndicat des magistrats dela Cour."Ainsi, au lieu de clarifier devant l’opinion publique pourquoi lui etson équipe n’ont pas assumé leursresponsabilités, en matière de luttecontre les diverses formes de fraudeet de pratiques illégales ou illicitesdans les entreprises publiques économiques(EPE), alors qu’ils sont àla tête d’une institution jouissant deprérogatives largement étendues, leprésident de la Cour tente par descontrevérités fuir ses responsabilitésallant jusqu’à pervertir la notion dela propriété publique des EPE",dénonce encore le syndicat."En conclusion, les contrevérités duprésident de la Cour confirment, sibesoin est, l’ébauche du diagnosticalarmant que nous avons dressé",affirme le syndicat des magistrats dela

Cour des comptes, réitérant son appel aux pouvoirs publics "afin de procéder à des changements à la têtede la Cour des comptes et de demander au président de la Cour de comptes et à son secrétaire généralde rendre compte de leurs 25 ans de gestion catastrophique qui a déconstruitcomplètement cette institutionconstitutionnelle", conclut le syndicat.

Par : RAHIMA RAHMOUNI

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