Le Midi Libre - evénement - Les tirs croisés ont commencé

Edition du 2 Fevrier 2019



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Présidentielle
Les tirs croisés ont commencé
2 Fevrier 2019

Cette élection présidentielle 2019 commence enfin àdevenir un peu plusintéressante. Et pour cause,deux partis politiques ont déjàcritiqué ouvertement l’un descandidats : Ali Ghediri, quisemble être un des rivaux lesplus menaçants pour le pouvoir .

Gaïd-Salah, Tliba et maintenant Ouyahia puis Ghoul, les répliques àl’égard deAli Ghediri, candidat potentielà l’élection présidentielle d’avril prochain,n’en finissent pas.C’est ainsi qu’avant-hier, deux partis de l’allianceprésidentielle ont affiché leur hostilitéà cet ancien général de l’armée. Le premierest Ahmed Ouyahia qui, en tant que SGdu RND , s’en est aussi pris aux "adeptes dela rupture", en allusion sans doute au candidatà l’élection présidentielle, Ali Ghediri :"Pour certains hommes politiques, l’avenirest dans le changement, pour ne pas dire dansla rupture. Moi, je dis que l’avenir est dans lacontinuité, parce que nous sommes un paysqui continue à se construire, et qui remet del’ordre dans la maison."Sur le même point, Amar Ghoul n’a pas aussimanqué d’attaquer ouvertement

Ali Ghediri. De passage sur TSA direct avant-hier, Ghoulpromet de lui répondre aumoment opportun,c’est-à-dire, durant la campagne électorale."Un général-major qui est sorti hier (à laretraite, ndlr), après avoir passé toute sa viedans le cadre d’un système politique connu, ildit cela. À ce stade, la campagne n’a pascommencé, en mars on aura notre mot à dire. Ghediri est libre de dire ce qu’il veut et de rêver de ce qu’il veut", a affirméAmar Ghoul.Au lendemain de son passage au forum de Liberté, au cours duquel il avait lancé safameuse sentence "ou c’est le système, ou c’est moi", le député FLN Bahaeddine Tliba s’en est violemment pris au candidat, qu’il qualifie de "soldat désarmé, avec un passémilitaire peu glorieux" qui "espère redorer son image ternie à travers sa candidature à la magistrature suprême".Une candidature qui

"ne peut pas aboutir, car il ne peut pas simplement diriger un pays révolutionnaire comme l’Algérie, même s’il a eu le quitus des laboratoires étrangers et desreprésentations diplomatiques et sécuritaires à Paris", assène le député d’Annaba, qui va fouiner dans le passé du général pour déterrer un incident dont il se serait coupable. "Ironie du sort, celui qui veut aujourd’hui diriger notre grand pays n’avait pas la compétence requise, quand il était commandant dans les forces navales. Il se souvient certainement de l’incident qu’il avait provoqué, lorsqu’il était en service dans ce corps. Cequi lui avait valu d’être écarté, parmesure disciplinaire".

RND VS FLN

Mais, les critiques qui fusent ne semblent pas être seulement contre Ghediri, puisque même deux partis de l’alliance présidentielle ne semblent pas enterrer la hache de guerre, neserait-ce que pour cette échéance électorale.Et pour cause, Ouyahia n’a pas lésiné sur les mots pour s’en prendre à son frère ennemi, le FLN. Revenant sur les élections de renouvellement partiel du Sénat, remportées largementpar le FLN, le chef duRNDs’est frontalement attaqué au vieux parti, sans le citer, en faisant état de "dépassements" lors des sénatoriales partielles."Le RND est sorti de cette bataille, avec un sentiment amer. Ce sentiment n’est pas dû aux résultats obtenus par le RND, mais à cause des dépassements flagrants enregistrés dans certaines wilayas.

Ce sentiment estaussi dû au recours à la violence vile, qu’on a vue dans d’autres wilayas. En votre nom et en mon nom personnel, je dénonce avec force ces dépassements et ces dérapages qui ne servent ni la démocratie, ni l’État de droit", a déploré Ouyahia, qui a par ailleurs salué "le courage, la discipline et l’engagement"descadres et des élus locaux du parti, "devant ce défi". "Ces dépassements ne nous éloigneront pas de notre engagement au service de l’Algérie, ni de notre soutien au président Bouteflika", a-t-il ajouté. "A la veille de chaque scrutin, on fait des calculs sur notrecompte. Personne ne peut voir en nous un parti d’opposition. Qu’ils nous relisent jouret nuit, ils ne peuvent pas nous classer comme des opposants. La seule raison de ces dépassements, c’est parce qu’on a peur denous", a estiméAhmedOuyahia.

Ces attaques contre le FLNsont incompréhensibles, d’autant plus qu’elles interviennent à la veille de la réunion des partis de l’alliance, au cours de laquelle ils devraient apporter de concert,leur soutien à la candidature du président Bouteflika pour un cinquième mandat. C’estla première fois depuis la tenue des électionssénatoriales, il y a plus d’un mois,qu’Ouyahia tient un tel discours. Le soir même du scrutin, le 29 décembre, il ne s’étaitpas montré mauvais perdant. "Nous nesommes pas contents des résultats, mais nous les acceptons", avait-il déclaré.

Par : KAHINA HAMMOUDI

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