Pour favoriser la mise en place d’une loi interdisant les violences faites aux femmes, l’association internationale Global Rights s’est associée avec dix ONG marocaines pour une campagne nationale de deux semaines. Global Rights compilera une série de suggestions de femmes marocaines pour lutter contre la violence.
Pour promouvoir une législation visant à protéger les femmes contre la violence, le bureau marocain de l’organisation internationale Global Rights conduit jusqu’au 10 décembre une campagne nationale de sensibilisation. Cette ONG de défense des Droits de l’Homme basée à New York travaille depuis 29 ans à défendre les droits des femmes dans le monde.
Dix ONG marocaines ont entamé des consultations avec des femmes, le 25 novembre, pour recueillir leurs témoignages, leurs idées, leurs suggestions, et définir des priorités sur une loi interdisant les violences faites aux femmes. Ces organisations, qui mettent en avant leurs propres propositions, présenteront des dessins illustrant les suggestions des femmes du Maroc.
Global Rights compilera ces dessins dans une affiche qui sera largement distribuée au Maroc. Cette affiche, intitulée "Pour une Loi contre la Violence faite aux Femmes" sera adoptée comme un mécanisme des ONG pour sensibiliser les gens. Ces organisations présenteront également cette proposition de loi lors de débats publics et de rencontres avec des responsables locaux.
En préparation à cette campagne, l’équipe marocaine de Global Rights a organisé fin septembre un premier séminaire destiné aux ONG locales. Des militantes originaires du Maroc, des Etats-Unis, d’Europe de l’Est et d’Inde se sont retrouvées à Fez pour échanger des stratégies de lutte contre les violences envers les femmes et discuter de modifications à apporter à la législation.
Cheryl Thomas, une militante américaine des Droits de l’Homme qui participait à ce séminaire, a affirmé que toute législation devra être stricte en termes de non tolérance de la violence faite aux femmes, assurer la protection des victimes et des enfants, et rendre les auteurs responsables de leurs actes.
Ahmed Arehmouch, avocat et militant qui a aidé à organiser ce séminaire, a expliqué que la nécessité d’incriminer les auteurs des violences faites aux femmes résulte de certaines carences dans la législation marocaine. "Le Code pénal, par exemple, n’identifie que les violences physiques entraînant des blessures." La loi, explique-t-il, "ne prend pas en compte la violence psychologique et sexuelle, la violence entre époux ou les violences domestiques et tient les femmes pour responsables lorsqu’elles quittent le foyer, même si elles le font par suite de violences de la part de leur mari."
Me Arehmouch estime qu’une nouvelle loi devra comporter une définition couvrant tous les aspects de la violence envers les femmes et prévoir des peines dissuasives.