Les services de la Protection civile de Béjaïa ont procédé, la fin de la semaine dernière, à un exercice de simulation, anticipant la survenue d’aléas climatiques graves et impliquant tous les secours prévus dans le plan ORSEC wilaya. Au centre du scénario imaginé, se mêlent des pluies torrentielles et un enneigement quasi exceptionnel qui, à l’évidence, provoquent la paralysie de l’essentiel du réseau routier et génèrent l’isolement des dizaines de villages à travers la wilaya. Pour mieux "corser" la catastrophe, ses concepteurs ont retenu le "lâchage" d’un trop- plein d’eau du barrage de Tichy-Haft et l’éclatement d’un tronçon de gazoduc, à hauteur de la localité de Takerietz, situé à 55 km à l’Ouest de Béjaïa.
"Bien que présenté, a priori, dans sa plus sordide vision, la trame du scénario reste pour autant plausible et réaliste", selon le responsable de la Protection civile qui souligne que "ces ingrédients ont tous été puisés de la réalité et des situations vécues ces dernières années". En 2003, des précipitations d’une rare violence ont affecté toutes les régions de la wilaya, exacerbées par des crues de quasiment l’ensemble des cours d’eau qui la traverse. Pendant trois jours, outre les désagréments endurés du fait de la submersion d’une partie du réseau routier et de la rupture des réseaux d’eau et d’électricité, Béjaïa est resté quasiment coupée du reste du monde. "Le cas a été réédité en 2004, avec, cette fois-ci, un enneigement exceptionnel qui n’est pas allé sans reproduire le même tableau sinistre. Quant à l’éclatement du gazoduc et au débordement du barrage, les deux événements se sont également produits durant cette décennie", a indiqué le responsable qui a inscrit la conjonction de tous ces faits, au demeurant, dans l’ordre du possible, d’où l’intérêt, y voit-t-il, de cette manœuvre. "Il s’agit de tester les capacités de réaction de l’ensemble des modules prévus dans le plan Orsec et aider à créer les automatismes nécessaires devant permettre un surcroît d’efficacité et d’efficience de chacun des acteurs lors d’éventuels catastrophes." Le plan Orsec est déclenché par le wali une fois la gravité de la situation constatée par le directeur de la Protection civile. Immédiatement, un poste de commandement fixe, composé de 14 modules, se met en place ainsi qu’un poste de commandement opérationnel qui auront pour mission de coordonner toutes les actions de secours et de mobiliser l’ensemble des moyens de la wilaya pour se faire. L’exercice de simulation est prévu sur trois jours.