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Un nouveau site dédié à la culture algérienne
Parlant de tout et ouvert Ă  tous
29 Aoűt 2010

Depuis plus de dix ans les sites sur la Toile, consacrés à la culture algérienne, ne cessent de croître. Des sites créés par des organismes ou par de simple individus dans le seul but de participer à promouvoir le patrimoine algérien ou ouvrir un espace de débats pour tenter de combler les lacunes dans les différents domaines de la culture, cela en posant diverses questions ou en proposant des éléments de réponse.
Cultures-algerie.wifeo.com est le nouveau-né, ouvert à tous, crée par Ahmed Chenik, professeur universitaire, journaliste, spécialiste du théâtre en Algérie et au Maghreb, écrivain auteur de nombreux ouvrages.
Le site, encore en construction, propose dĂ©jĂ  plusieurs thèmes, Ă  l’instar d’un bilan sur l’universitĂ©, de la situation du cinĂ©ma et du théâtre en AlgĂ©rie… Ces divers thèmes sont abordĂ©s scientifiquement par des spĂ©cialistes, ou de manière informative par des journalistes spĂ©cialistes du monde culturel.
Dans un article de prĂ©sentation, faisant office d’Ă©ditorial, Ahmed Cheniki explique les motivations l’ayant poussĂ© Ă  crĂ©er ce site car il devrait ĂŞtre pour lui « lucarne pouvant permettre Ă  ceux s’intĂ©ressant Ă  la culture algĂ©rienne de participer Ă  une sorte de remise Ă  flots de certains pans de notre mĂ©moire, aujourd’hui, en perdition. La mĂ©moire est le lieu idĂ©al de l’ineffable, de l’Ă©ternelle prĂ©sence d’une obsĂ©dante subjectivitĂ© fournissant Ă  l’historien sa substantifique moelle. Nous partirons des jeux de la mĂ©moire pour atteindre une Histoire possible, faite, malheureusement de trop de failles et d’oublis que, paradoxalement l’Ĺ“uvre d’art rĂ©ussit Ă  combler».
Avec ce nouveau site, Ahmed Cheniki aspire donc Ă  ouvrir une grande plateforme de dĂ©bats pour permettre «d’interroger un certain nombre de formes culturelles et de questionner les conditions d’Ă©mergence de ces nouvelles disciplines culturelles (théâtre, cinĂ©ma, roman, arts plastiques, bande-dessinĂ©e et journalisme) »
A travers ce site, les objectifs assignĂ©s sont larges et d’une immense importance pour le devenir de la culture dans notre pays. Car de prime abord ce site commence Ă  devenir un vĂ©ritable fonds d’archives car nous y trouverons ainsi des pièces de théâtre, scĂ©narii, casettes audio et vidĂ©o… En effet pour l’acadĂ©micien Ahmed Cheniki ce « projet permettra la constitution d’un fonds documentaire regroupant des documents Ă©crits, sonores et audiovisuels relatifs Ă  l’expression théâtrale. Jamais, depuis les indĂ©pendances maghrĂ©bines, un tel travail n’a Ă©tĂ© entrepris. Ce qui rendrait peut-ĂŞtre le travail quelque peu ardu, mais aiderait Ă  comprendre la genèse, les conditions d’adoption et l’Ă©volution d’un art qui, dĂ©sormais, a droit de citĂ© dans les trois pays maghrĂ©bins.»
Ce site relève de la plus grande importance surtout pour les Ă©tudiants chercheurs en poste de graduation. Car ils y trouveront des entretiens inĂ©dits rĂ©alisĂ©s par Ahmed Cheniki avec de grandes figures de la culture, Ă  l’instar de Mahieddine Bachetarzi, Kateb Yacine, Abdelkader Alloula, Slimane Benaissa, Mohamed Tayeb Dehimi, Rachid Mimouni, RenĂ© Gallissot, Leila Marouane, ou encore Sid-Ahmed Agoumi.
Des entretiens qui Ă©tonnent de par les diffĂ©rents thèmes abordĂ©s, mais surtout des dĂ©clarations de ces auteurs. Ainsi nous trouverons la dĂ©claration Ă©tonnante de Mahieddine Bachtarzi concernant les foires populaires du théâtre (le goual, la halqa, le mouqallid, le meddah…) en disant que « Le goual (le diseur ou conteur), le meddah ne sont pas des formes théâtrales. C’est le conteur. En Europe Ă©galement, existaient des personnes qui racontaient des histoires, des contes. C’est exactement la mĂŞme chose chez nous. Le goual connaĂ®t une histoire et la raconte dans les cafĂ©s et les souks. Le goual se trouve Ă  Oran. Il n’y a pas eu tellement de gouals dans l’AlgĂ©rois. Le goual n’a rien Ă  voir avec le théâtre. (…) Je dis que les formes traditionnelles ne sont pas du théâtre. Nous avions appris le théâtre durant la colonisation. Au dĂ©but, il y avait de belles performances. Mais par la suite, il y a eu stagnation. Comme aujourd’hui. Pourquoi n’a-t-il pas trouvĂ© sa voie ? Dans mes mĂ©moires, tome 2, j’ai citĂ© un ancien ministre tunisien qui avait rĂ©pondu Ă  une question relative Ă  la crise du théâtre tunisien, il avait dit que pendant la colonisation, les comĂ©diens se considĂ©raient comme des militants. Cette remarque est Ă©galement valable pour l’AlgĂ©rie. Allalou et Ksentini avaient optĂ© pour une voie claire : la critique des vices de la sociĂ©tĂ©. C’est l’Ă©ducation du peuple. Ksentini critiquait le public algĂ©rien et plus particulièrement algĂ©rois. C’est cette voie que j’ai empruntĂ©e. Je n’ai commencĂ© Ă  Ă©crire qu’en 1932.
En AlgĂ©rie, le public savait que les comĂ©diens pouvaient dire les choses crĂ»ment. On jouait donc avec les mots. On dit un mot, le public le comprend autrement. J’ai Ă©crit le tome 2 pour faire comprendre aux jeunes ce qui se passait Ă  l’Ă©poque. J’ai citĂ© des journaux dirigĂ©s par des colons. A l’Ă©poque, ces journaux nous regardaient souvent avec mĂ©pris. Pour eux, notre théâtre faisait uniquement rire. En 1928, je chantais. Rachid Ksentini ne voulait pas se mĂŞler de politique. Il craignait d’ĂŞtre interdit de scène. Alors, il critiquait nos façons de vivre, nos dĂ©fauts, nos vices. »
K. H.

Par : Kahina Hammoudi

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