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Premier colloque de préhistoire maghrébine de Tamanrasset
Les premiers fours à escargots découverts à Ksar Chellala
7 Novembre 2007

La fouille qui est toujours en cours, a fait apparaître ce que jusqu’à présent nul autre spécialiste de la préhistoire n’avait trouvé: deux magnifiques fours aménagés dans  «le  coin cuisine» de la grotte habitée par les homos-sapiens de Tiaret.

La deuxième journée des travaux du colloque de tamanrasset, a été marquée par un scoop retentissant. En effet, la question sans réponse qui taraudait  jusque-là les anthropologues sur le mode de cuisson des escargots, l’une des principales subsistances des premiers hommes d’Afrique du Nord, vient d’être résolue. En effet, lundi après-midi, lors de son intervention, M. Amara Ali, a créé l’évènement en faisant part de sa récente découverte de structures  de cuisson d’escargots sur le site de Koudiet djerad, à l’entrée de la ville de Tiaret. Ce site, ouvert à la fouille depuis 2006 a été identifié comme capsien par le chercheur algérien qui affirme l’avoir  pratiquement sauvé de la disparition à cause d’une urbanisation  dévorante. La fouille qui est toujours en cours, a fait apparaître ce que jusqu’à présent nul autre spécialiste de la préhistoire n’avait trouvé: deux magnifiques fours aménagés dans  «le  coin cuisine» de la grotte- habitée par les homos-sapiens de Tiaret.
Pour résoudre le difficile problème de la cuisson des escargots,  dont la chair est trop tendre pour résister à la cuisson directe, l’homme préhistorique a construit un four de pierre circulaire, où il entassait des pierres brûlantes sur lesquelles il déposait les escargots. Un couvercle également en pierre  fermait le tout. Cette cuisson à l’étouffée démontre qu’à cette période datée d’environ 6800 à 4500 avant J-C,  le principe de la diffusion thermique était déjà bien maîtrisé. La période capsienne  nommée ainsi d’après l’ancienne ville de Gafsa (alors  Capsa) en Tunisie  a donné l’homme anatomiquement moderne. Un débat vif et passionné a suivi  la communication de M. Amara qui a déclaré que les fouilles en cours n’excluaient pas d’autres découvertes. A la  troisième  journée de travail du colloque, les débats étaient bien avancés. Cette première rencontre internationale sur la préhistoire maghrébine, qui a lieu à la maison de la culture de Tamanrasset,  est d’ores et déjà saluée  comme un évènement scientifique de taille, par la plupart des participants, représentant  trois pays maghrébins et  cinq pays  européens.  Les relations entre le Moustérien et l’Atérien, autrement dit, entre l’homme de néanderthal et l’homosapien archaïque, ont été l’objet des interventions du Lundi. Sous la présidence de M. Otte Marcel, professeur de préhistoire à l’université de Liège ont été exposés  les travaux de Djerrab Abderrezak, Pierre Camps et Dalila Belfar intitulés «Stratigraphie et paléoenvironnement des formations quaternaires de Aïn Zerga (Algérie orientale)». L’exposant a été vivement félicité pour son  analyse extrêmement pointue de l’environnement.  Mme Hajri Sonia de la faculté des Lettres, arts et des humanités de la Manouba a également présenté son travail consistant en une approche technologique du paléolithique moyen de Tunisie, le site de Aïn Mecherchem étant passé au crible par l’enseignante-chercheur. Ce sont ensuite les sites de Aïn El Guettar en Tunisie centrale qui ont fait l’objet d’un exposé de Belhouchet Lotfi et Aouadi Nabiha. La présence de vestiges de  la période atérienne ( dont le nom dérive de Bir-El-Ater précédant ceux du Moustérien, relevés par les deux chercheurs semblent bouleverser l’ordre chronologique observé classiquement par les chercheurs préhistoriens. L’intervention du chercheur algérien, M. Betrouni Mourad,  sur la base du travail collectif effectué en collaboration avec Chentir Farid et Yassa Chafia, sur le site de Sidi Saïd à Tipasa, est allé dans le même sens et a fait rebondir le débat sur la  question.   En effet, l’antériorité du Moustérien (principale manifestation culturelle  caractéristique de  l’homme de Néanderthal  de 300 000 à - 30 000 ans  avant le monde contemporain) sur l’Atérien (culture caractéristique du paléolithique moyen du Maghreb attesté de 40 000 à 20 000 ans. Le terme dérive du nom du village algérien de Bir El Ater, près duquel se trouve le gisement préhistorique de l’oued Djebbana.) était jusqu’à présent partagée.
Sous la présidence de Mme Aumassip Ginette, les travaux de M. Bouzouggar Abdeljallil du Maroc, de M. Munoz  José ramos d’Espagne , de M. Otte Marcel et d’un groupe de chercheurs européens ont ensuite été présentés.
A partir  des  industries lithiques communes aux deux berges de la Méditerrannée, le chercheur a exposé son hypothèse de l’existence d’une forte curiosité qui a poussé l’homme préhistorique à aller voir ce qu’il y a en face, d’autant plus que le dénivellement des eaux marines de 100 mètres mettaient en évidence des archipels recouverts de végétation et d’animaux.  «Le propre de l’Homme c’est de lancer des défis et de les relever. Toute l’histoire de l’humanité est faite de tels défis», a déclaré le chercheur dont l’avis a été appuyé par Mme Malika Hachid, historienne et chercheuse algérienne. 
La journée d’hier a été consacrée à la période néolithique  caractérisée par une véritable révolution impliquant la pierre polie, la poterie et la céramique.

Par : karimene Toubbiya

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