À une semaine de «l’Aïd el fitr », le compte à rebours est déjà enclenché, pour les ménages donnant le signal à une course effrénée pour l’achat des vêtements dans toutes les grandes villes du pays. Porter les nouveaux habits, c’est le charme de l’Aïd, surtout pour les enfants qui attendent ce jour avec impatience. Même si le principe est partagé à l’unanimité, mais la réalité est toute autre. Les parents à faible revenu se retrouvent entre l’enclume et le marteau.
Celui de la cherté des produits vestimentaires et les exigences de leurs progénitures. Force oblige pour les parents algériens d’aujourd’hui ! L’épanouissement de leur enfant, passe avant tout. Au détriment même de leur petite personne. Toutes les occasions sont les bienvenues pour leur faire plaisir même si, il faut consentir des sacrifices financiers importants.
Après avoir passé les trois premières décades du mois de carême, marquées par l’engouement inhabituel autour des étals des marchés des fruits et légumes, les peines des ménagères ne sont pas près d’être allégées en ce mois sacré, puisque c’est l’épreuve des emplettes et du «comment vêtir» son enfant le jour de l’Aïd. En effet, c‘est le cas, puisque depuis quelques jours déjà, certains durant la journée, et pour d’autres lors de la soirée, les nombreuses familles partent à la recherche de vêtements qui puissent procurer des joies à leurs enfants.
Ce n’est vraiment pas facile en ces temps de vaches maigres et les exigences des enfants de cette nouvelle génération. D’un côté, la majorité des parents ne sont intéressées que par le coût du vêtement ou de la chaussure, tandis que l’enfant bien sûr, c’est la marque qui l’intéresse. Les prix des vêtements ont connu, en effet, une hausse allant de 20 à 30%. Il faut une moyenne de 10.000 dinars minimum pour habiller correctement un enfant (haut, pantalon et chaussures).
Une véritable fortune qui n’affecte pas la détermination de ses parents. Le plaisir et les frissons de voir leurs enfants se pavaner tout contents avec leurs nouvelles tenues n’ont pas de prix! Pour les magasins connus pour la qualité de luxe et la haute classe de la confection et de la chaussure, les prix sont indiscutables, puisque la clientèle est évidemment connue. À côté des enseignes connues, les petits commerçants profitent également de l’engouement.
Le textile turc et chinois, ainsi que les chaussures dites super-good - des imitations de grandes marques - connaissent un véritable succès. A noter que certains ont profité des soldes «spécial Ramadhan», notamment sur les vêtements autorisés pour la première fois par le gouvernement. Selon le ministère du Commerce, 200 grands magasins, en particulier des franchises internationales, participent à ces promotions. Une aubaine pour les familles qui cherchent à habiller leurs enfants sans trop entamer leur budget. Il faut dire que les Algériens tiennent coûte que coûte à cette tradition, quoi qu’il en… coûte.
Car, pour tous les parents, ce sacrifice vaut la chandelle car l’Aïd appartient aux enfants… Les commerçants, quant à eux, se frottent comme à l’accoutumée les mains. Ils ne semblent pas vouloir déroger à cette règle qui est décidément ancrée à jamais...