Lors de son entrevue périodique avec les médias, diffusée en direct sur les chaînes nationales de télévision et de radio, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a abordé une série de questions concernant la situation interne du pays, les relations internationales et les enjeux sociaux.
Cette interview a permis de faire un point sur plusieurs thèmes importants pour le prĂ©sent et l’avenir de l’AlgĂ©rie, avec un accent particulier sur les prioritĂ©s nationales, notamment le dialogue national, l’Ă©conomie, la politique intĂ©rieure et les relations internationales, notamment avec la France.
L’engagement social de l’État
Le prĂ©sident Tebboune a rĂ©affirmĂ© son engagement Ă maintenir le caractère social de l’État algĂ©rien. Il a soulignĂ© que le gouvernement met tout en oeuvre pour garantir le bien-ĂŞtre de la population, particulièrement des jeunes, qui selon lui, reprĂ©sentent «l’essence mĂŞme du pays». Fidèle Ă la DĂ©claration du 1er Novembre et aux sacrifices des chouhada de la RĂ©volution de libĂ©ration, l’État algĂ©rien continuera d’oeuvrer pour augmenter les salaires et les allocations chĂ´mage, tout en veillant Ă ne pas dĂ©sĂ©quilibrer les finances publiques. Il a mis en avant la fiertĂ© retrouvĂ©e des jeunes gĂ©nĂ©rations qui, selon lui, sont de plus en plus fières de leur pays et des produits nationaux, et cette prise de conscience collective est un signe de patriotisme.
Le prĂ©sident a saluĂ© l’esprit patriotique des jeunes, qu’il considère comme une preuve de l’Ă©mergence d’une nouvelle AlgĂ©rie. Il a insistĂ© sur l’importance d’une politique Ă©conomique inclusive, visant Ă offrir des opportunitĂ©s aux jeunes, notamment Ă travers des initiatives pour soutenir les jeunes entrepreneurs et leur permettre de contribuer activement Ă l’Ă©conomie nationale.
Un dialogue national inclusif Ă l’horizon 2025-2026
L’un des principaux sujets abordĂ©s par le prĂ©sident Tebboune est le dialogue national inclusif. Ce dernier a rĂ©itĂ©rĂ© son engagement Ă lancer un tel dialogue d’ici la fin de l’annĂ©e 2025 ou dĂ©but 2026. Il a expliquĂ© que cette pĂ©riode permettra de rĂ©soudre les principaux problèmes hĂ©ritĂ©s du passĂ© et de combler les lacunes afin que le pays puisse se consacrer pleinement Ă la question de l’avenir politique, Ă©conomique et social de l’AlgĂ©rie.
Selon lui, ce dialogue aura pour objectif de servir les intĂ©rĂŞts du pays dans son ensemble et non de profiter Ă des individus ou Ă des partis politiques spĂ©cifiques. Il a Ă©galement fait rĂ©fĂ©rence Ă l’Ă©volution significative du niveau de conscience collective, notamment chez les jeunes universitaires, capables dĂ©sormais d’analyser les Ă©vĂ©nements et d’apporter des solutions constructives aux dĂ©fis du pays.
La protection de l’unitĂ© nationale et les valeurs de la sociĂ©tĂ©
Le prĂ©sident a abordĂ© les questions relatives Ă la stabilitĂ© interne de l’AlgĂ©rie, rĂ©affirmant que l’État n’hĂ©siterait pas Ă sanctionner toute personne ou entitĂ© cherchant Ă dĂ©stabiliser le pays, qu’il s’agisse de menaces Ă l’unitĂ© nationale, aux valeurs culturelles ou Ă la stabilitĂ© de la sociĂ©tĂ© algĂ©rienne. Il a soulignĂ© que la libertĂ© d’expression est bien sĂ»r garantie, mais qu’elle ne doit pas servir de prĂ©texte pour porter atteinte aux traditions et Ă la culture authentique de la sociĂ©tĂ© algĂ©rienne.
Ainsi, tout excès sous couvert de libertĂ© d’expression, notamment les critiques destructrices visant Ă dĂ©stabiliser le pays, serait sanctionnĂ©. Il a Ă©galement prĂ©cisĂ© que l’AlgĂ©rie «n’est pas un État totalitaire», en rĂ©ponse aux critiques internationales sur la question de la libertĂ© d’expression. Selon lui, l’AlgĂ©rie a ses spĂ©cificitĂ©s qu’il faut respecter, et la notion de dĂ©mocratie ne doit pas ĂŞtre utilisĂ©e de manière biaisĂ©e pour servir des agendas politiques extĂ©rieurs.
Relations algéro-françaises : un contentieux créé de toutes pièces
L’un des moments marquants de l’interview a Ă©tĂ© la discussion sur les relations entre l’AlgĂ©rie et la France, un sujet qui reste très sensible. Le prĂ©sident Tebboune a dĂ©noncĂ© le «brouhaha» et le «capharnaĂĽm politique» autour de ce qu’il considère comme un contentieux artificiel. Selon lui, ce contentieux a Ă©tĂ© «créé de toutes pièces» par certaines forces politiques extĂ©rieures, notamment en France. Le prĂ©sident a rappelĂ© que, malgrĂ© les incomprĂ©hensions passĂ©es, l’AlgĂ©rie et la France sont deux États indĂ©pendants qui doivent rĂ©soudre leurs problèmes bilatĂ©raux directement entre les dirigeants des deux pays, en particulier avec le prĂ©sident français Emmanuel Macron et le ministre des Affaires Ă©trangères.
Concernant les visites d’officiels français dans les territoires sahraouis occupĂ©s, le prĂ©sident Tebboune a prĂ©cisĂ© qu’elles ne constituaient pas une provocation directe, mais qu’elles posaient un problème en raison de leur ostentation, qui enfreint selon lui la lĂ©galitĂ© internationale et les rĂ©solutions de l’ONU. Il a Ă©galement soulignĂ© que l’histoire entre l’AlgĂ©rie et la France est marquĂ©e par des Ă©vĂ©nements douloureux, dont l’assassinat de Ben M’hidi, et que la question de la mĂ©moire reste ouverte.
La numĂ©risation et la modernisation de l’État
Sur le plan Ă©conomique et technologique, le prĂ©sident Tebboune a Ă©voquĂ© l’importance de la numĂ©risation pour moderniser l’État. Il a affirmĂ© que le processus de gĂ©nĂ©ralisation de la numĂ©risation sera achevĂ© d’ici la fin 2025. Selon lui, les États modernes doivent reposer sur des donnĂ©es exactes et fiables, et c’est dans cette optique que l’AlgĂ©rie met en oeuvre un programme de numĂ©risation visant Ă amĂ©liorer la gestion administrative et Ă rĂ©duire la marge d’erreur dans les dĂ©cisions publiques.
L’entretien avec le prĂ©sident de la RĂ©publique a permis de faire un Ă©tat des lieux de la situation nationale, avec des annonces sur les projets en cours et les prioritĂ©s Ă venir pour l’AlgĂ©rie. Le prĂ©sident a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server l’unitĂ© nationale, d’assurer un dĂ©veloppement Ă©conomique durable et d’ouvrir un dialogue national constructif en 2025- 2026.
Il a Ă©galement rĂ©affirmĂ© sa volontĂ© de poursuivre le processus de modernisation du pays, tout en veillant Ă maintenir les valeurs et traditions qui font l’identitĂ© de l’AlgĂ©rie. En ce qui concerne la politique Ă©trangère, le prĂ©sident a montrĂ© sa volontĂ© de continuer Ă travailler avec la France, tout en prĂ©servant les intĂ©rĂŞts nationaux et en assurant le respect des principes de la souverainetĂ© algĂ©rienne.