Les vingt-trois pays de l’Opep+, le cartel emmenĂ© par l’Arabie saoudite et la Russie, n’ont, de nouveau, pas rĂ©ussi Ă trouver un consensus sur leurs quotas de production de brut Ă compter du mois d’aoĂ»t, après une première impasse des nĂ©gociations la veille.
L’Organisation des pays exportateurs de pĂ©trole (Opep) et leurs alliĂ©s ont donc reportĂ© Ă lundi, 5 juillet, leur discussions entamĂ©es jeudi qui, au dĂ©part, devaient ĂŞtre bouclĂ©es en un jour, a annoncĂ© l’Organisation dans une dĂ©claration transmise Ă l’AFP. Cette fois, ce n’est pas la traditionnelle rivalitĂ© entre Moscou et Ryad qui a fait capoter les nĂ©gociations : les Emirats arabes unis seraient les responsables de l’Ă©chec du sommet, selon les commentaires des observateurs de marchĂ©. Abou Dhabi aurait renouvelĂ© sa demande de la veille, Ă savoir la rĂ©vision Ă la hausse de son volume de production de rĂ©fĂ©rence, qui sert de base au calcul de son quota. Ce seuil arrĂŞtĂ© Ă la date d’octobre 2018 est jugĂ© obsolète par les Emirats qui revendiquent « une capacitĂ© (de production) dĂ©sormais plus Ă©levĂ©e », explique Eugen Weinberg, analyste de Commerzbank. Actuellement Ă 3,17 millions de barils par jour, le ministre Ă©mirati aurait insistĂ© pour qu’il soit « relevĂ© Ă 3,8 millions de barils par jour », prĂ©cise Ole Hansen, analyste de Saxobank. Mais l’alliance n’a visiblement pas voulu ouvrir la boĂ®te de Pandore. En cas d’aval, « les autres membres pourraient protester », avait prĂ©venu plus tĂ´t dans la journĂ©e Louise Dickson, de Rystad.
TempĂŞte dans un baril
Les pays producteurs de l’Opep+ avaient pourtant un plan sur la table, celui d’augmenter la production de pĂ©trole de 400.000 barils par jour entre aoĂ»t et dĂ©cembre, voire au-delĂ , d’après le pronostic des analystes. Cette stratĂ©gie s’inscrit dans ce qui a fait la force de la politique du cartel depuis le mois de mai : rouvrir petit Ă petit le robinet d’or noir après l’avoir serrĂ© de manière très forte au dĂ©but de la pandĂ©mie face Ă une demande moribonde. Avec un certain succès au niveau des prix, du point de vue des vendeurs : les deux rĂ©fĂ©rences du pĂ©trole brut, le Brent et le WTI, oscillent aux alentours de 75 dollars, une hausse impressionnante de 50% depuis le 1er janvier, et du jamais vu depuis bien avant la pandĂ©mie de Covid- 19, en octobre 2018. DĂ©but juin, le groupe avait dĂ©jĂ optĂ© pour la prudence, le terme favori du ministre saoudien de l’Énergie et de facto chef de file de l’alliance Abdelaziz ben Salmane, actant pour juillet une hausse d’une proportion similaire (+441.000 barils par jour) par rapport au mois prĂ©cĂ©dent. L’alliance Opep+ dispose toujours de 5,8 millions de barils laissĂ©s volontairement sous terre chaque jour. La tâche est loin d’ĂŞtre simple pour l’alliance, qui doit prendre en considĂ©ration les multiples incertitudes qui planent tant sur l’offre que sur la demande de brut. En consĂ©quence, la coordination de l’Opep+ s’est faite très Ă©troite depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie et ses rendez-vous sont quasi mensuels.
D’un cĂ´tĂ©, les prix hauts encouragent la grogne des pays consommateurs, dont l’Inde, un argument qui plaide en faveur d’une augmentation de la production. Mais de l’autre, la propagation du très contagieux variant Delta du Covid-19, qui pousse plusieurs pays Ă mettre en place de nouvelles mesures de restrictions de dĂ©placement des biens et des personnes, devient un handicap important Ă la consommation d’or noir. A moyen terme, le retour sur le marchĂ© des exportations iraniennes, si les discussions internationales sur le nuclĂ©aire venaient Ă aboutir, viendrait gĂŞner les parts de marchĂ© de tous. En marge des discussions du cartel mercredi, le ministre du PĂ©trole iranien Bijan Namdar Zanganeh citĂ© par Shana, l’agence officielle de son ministère, a insistĂ© sur l’importance de « retour sur le marchĂ© » de l’Iran et des « parts de ma chĂ© » Ă rĂ©cupĂ©rer
Le Brent termine la semaine Ă plus de 76 $
Les prix du pĂ©trole ont clĂ´turĂ© la semaine, toujours proches des plus hauts enregistrĂ©s jeudi mais sans direction claire dans l’attente d’une conclusion du sommet de l’Opep+ qui doit dĂ©cider d’un relèvement de la production d’or noir. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a terminĂ© Ă 76,17 dollars Ă Londres, en hausse de 0,4% ou 33 cents par rapport Ă la clĂ´ture de la veille. A New York, le baril deWTI pour le mois d’aoĂ»t a, lui, lâchĂ© 0,1% ou 7 cents Ă 75,16 dollars.