Le Midi Libre - evénement - Hirak : Deux ans dĂ©jĂ 
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22 février 2019, 22 février 2021
Hirak : Deux ans déjà
22 Fevrier 2021

C’est aujourd’hui que les AlgĂ©riens cĂ©lĂ©breront le deuxième anniversaire du soulèvement populaire, appelĂ© communĂ©ment le Hirak.

En effet, c’Ă©tait le 22 fĂ©vrier 2019, un vendredi, que des dizaines de milliers d’AlgĂ©riens sont descendus dans les rues de plusieurs villes du pays, pour exprimer leur ras-le-bol, et surtout dire non Ă  la candidature annoncĂ©e du prĂ©sident Bouteflika pour un cinquième mandat. C’est alors la stupeur gĂ©nĂ©rale, tant ces manifestations de masse , qui rĂ©pondaient Ă  des appels anonymes lancĂ©s via les rĂ©seaux sociaux, ont surpris tous les observateurs et la classe politique. On croyait les AlgĂ©riens incapables de braver la peur et dĂ©fier le rĂ©gime en place.

Le vendredi suivant, bis rĂ©pĂ©tita, mais avec plus d’ampleur. Cette fois-ci, c’est par centaines de milliers que les AlgĂ©riens ont investi les rues pour battre le pavĂ©, afin de dĂ©noncer cette "OPA" contre l’AlgĂ©rie, que reprĂ©sentait le projet d’un cinquième mandat pour celui qui est aux commandes du pays depuis, dĂ©jĂ , 1999. La coupe est pleine et les AlgĂ©riens en ont vraiment assez de cette situation, qui hypothèque jusqu’Ă  l’avenir du pays. Il Ă©tait temps, estime-t-on, que les AlgĂ©riens disent stop Ă  ces graves dĂ©rives. Et pour cause, comment un PrĂ©sident impotent, invisible, inaudible et donc incapable de gĂ©rer les affaires du pays, pouvait, toute honte bue, envisager de se reprĂ©senter en briguant un cinquième mandat ? Les AlgĂ©riens ont eu Ă  constater, en effet, que lors du quatrième mandat, dĂ©jĂ , le PrĂ©sident Ă©tait totalement absent, Ă  l’exception toutefois de rares apparitions en public qui brillaient beaucoup plus par leurs aspects folkloriques et théâtrales.

Les dirigeants de l’Ă©poque voulaient faire croire aux AlgĂ©riens, que c’est rĂ©ellement le PrĂ©sident qui gère les affaires du pays, et qu’il est toujours aux commandes, malgrĂ© son Ă©tat de santĂ© dĂ©plorable. "Il dirige avec sa tĂŞte et non avec ses pieds", a alors osĂ© un de ses ministres, comme pour rĂ©pondre Ă  toute critique, selon lesquelles le PrĂ©sident est hors du coup et n’est pas du tout capable de gĂ©rer les affaires du pays. En campant dans son entĂŞtement lĂ©gendaire et, sans doute, ayant dĂ©cidĂ© de passer en force pour imposer un 5e mandat, le clan Bouteflika a vraiment irritĂ© de larges pans de l’opinion publique nationale. Et la consĂ©quence logique de cette fronde gĂ©nĂ©rale a Ă©tĂ© l’explosion du vendredi 22 fĂ©vrier, suivie, tous les vendredis, par de gĂ©antes manifestations populaires. C’est par millions, que les AlgĂ©riens sont sortis manifester dans les villes, les villages et mĂŞme les douars du pays, pour exiger le dĂ©part de Bouteflika et, par voie de consĂ©quence, l’annulation du projet du 5e mandat. Face Ă  cette inĂ©dite mobilisation et cette grande volontĂ© populaire, le clan Bouteflika, appelĂ© alors communĂ©ment la "Issaba", a abdiquĂ© en abandonnant son funeste projet et le pouvoir. Pour une fois, la volontĂ© populaire est venue Ă  bout de ces desseins franchement anti patriotiques.

Les AlgĂ©riens, comme ils l’ont scandĂ© durant de très longs mois, voulaient obstinĂ©ment imposer le changement radical. Ils voulaient un Ă©tat de droit, avec comme corps une justice indĂ©pendante. Un État ou sont consacrĂ©s les libertĂ©s individuelles et collectives. En somme, ils voulaient unevĂ©ritable dĂ©mocratie et non une dĂ©mocratie de façade, comme c’Ă©tait le cas depuis l’indĂ©pendance du pays. Deux annĂ©es après ce tremblement de terre, des choses ont certes changĂ©, mais beaucoup reste encore Ă  faire pour ĂŞtre Ă  la hauteur de la volontĂ© des AlgĂ©riens.

Par : KAMAL HAMED

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