DĂ©cidemment l’AlgĂ©rie ne baisse pas les bras s’agissant de la question de la reforme de la Ligue des Etats arabes. A chaque fois, en effet, la diplomatie algĂ©rienne remet sur la table cette question impĂ©rieuse. Il en a ainsi Ă©tĂ© le cas avant-hier lundi au Caire, Ă l’occasion de la tenue de la session extraordinaire des ministres des AE de la Ligue Arabe.
Le ministre des Affaires Ă©trangères, Sabri Boukadoum, a une nouvelle fois plaidĂ© pour la nĂ©cessitĂ© de lancer une vaste reforme de cette Organisation rĂ©gionale, qui regroupe tous les Etats arabes. Devant ses pairs, le chef de la Diplomatie algĂ©rienne a rappelĂ© cette position de principe de son pays, car cette reforme est la condition sine qua non, pour redynamiser l’action de la Ligue arabe et ressouder davantage les rangs des pays arabes. Ce n’est pas la première fois, que l’AlgĂ©rie plaide pour cette reforme et, d’ailleurs, Sabri Boukadoum a dejĂ dĂ©fendu cette
position de principe, dans un passĂ© très rĂ©cent. En effet, c’Ă©tait dĂ©jĂ le cas en septembre dernier, Ă la session extraordinaire des ministres des AE de la Ligue Arabe.
Le chef de la Diplomatie algĂ©rienne a alors indiquĂ©, que le dossier de la rĂ©forme de l’action arabe commune figurait "en tĂŞte des ateliers que nous considĂ©rons tous importants et prioritaires, un dossier qui s’impose plus que jamais, eu Ă©gard Ă la relation entre le rĂ´le de la Ligue arabe et la rĂ©forme de ses structures et des moyens de sa gestion pour mieux rĂ©pondre aux dĂ©fis rĂ©gionaux et internationaux". C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, il est temps d’accorder Ă ce dossier l’importance qu’il requiert, en traduisant les efforts dĂ©ployĂ©s des annĂ©es durant en dĂ©cisions palpables qui restitueraient Ă la Ligue arabe son rĂ´le escomptĂ©, prĂ©cisant que "nous voulons une Ligue qui rĂ©unit et qui soit respectĂ©e par tous, une Ligue sur laquelle nous pouvons compter". C’est ainsi, que l’ancien ministre des Affaires Ă©trangères, Ramtane Lamamra a appelĂ©, lui aussi, Ă "rĂ©habiliter la Ligue arabe, Ă travers sa rĂ©forme et la rĂ©vision de son mode de fonctionnement et de ses performances". Lors d’une session de la Ligue arabe, Lamamra a indiquĂ© dans son allocution, que la situation de criseque traverse la Nation arabe "confirme que nous avons grand besoin d’y remĂ©dier par la rĂ©habilitation de notre Ligue arabe, en la rĂ©formant et en rĂ©visant son mode de fonctionnement et ses performances, afin qu’elle soit au diapason des nouveaux dĂ©veloppements rĂ©gionaux et internationaux ". En 2018, Abdelkader Messahel, alors chef de la Diplomatie algĂ©rienne, a defensu position de principe.
"L’AlgĂ©rie insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’opĂ©rer une rĂ©forme profonde dans le système de la Ligue arabe", avait indiquĂ© Messahel lors d’une session du Conseil des ministres de la Ligue arabe avant d’ajouter: "cette rĂ©forme, extremement importante au regard de la situation qui prĂ©vaut dans le monde arabe, nous permet d’avoir la libre dĂ©cision et de rĂ©soudre nos problèmes". Pour rappel, l’AlgĂ©rie a plaidĂ© pour cette reforme en 2005, Ă l’occasion de la tenue du Sommet arabe Ă Alger. Et depuis, elle maintient le cap, sans succès il faut le dire, puisque des Etats arabes font la sourde oreille pour maintenir le statu-quo. "L’AlgĂ©rie insiste sur la nĂ©cessitĂ© d’opĂ©rer une rĂ©forme profonde dans le système de la Ligue arabe", avait indiquĂ© Messahel, avant d’ajouter: "cette rĂ©forme -extrĂŞmement importante au regard de la situation qui prĂ©vaut dans le monde arabe-, nousn permet d’avoir la libre dĂ©cision et de rĂ©soudre nos problèmes". Un statu-quo qui permet Ă l’Egypte d’avoir tout le temps le poste de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral pour un de ses responsables. D’ailleurs, Ahmed Abou Gheit, l’actuel SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, veut postuler pour un autre mandat ce qui confirme que ce poste est une chasse gardĂ©e de l’Egypte. C’’est ce que refuse l’AlgĂ©rie, d’oĂą sa volontĂ© de reformer l’Organisation. Il est Ă©vident que l’AlgĂ©rie reviendra su cettequestion, lors du prochain Sommet arabe qui aura lieu Ă Alger.