La production du vaccin russe "Sputnik V", en AlgĂ©rie, dĂ©butera dans les semaines Ă venir, a annoncĂ© avant-hier soir le directeur gĂ©nĂ©ral de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), Kamel Mansouri, lors de son passage Ă la TĂ©lĂ©vision publique.
Le mĂŞme responsable a soulignĂ©, que les pourparlers avec la partie russe, au sujet de la production en AlgĂ©rie du vaccin Sputnik V, avaient atteint un stade très avancĂ©, ajoutant qu’il Ă©tait temps pour l’AlgĂ©rie de passer du statut d’importateur de vaccins Ă exportateur. Dans le dĂ©tail, Mansouri a fait savoir, que le processus de production du vaccin russe se dĂ©roulerait en partenariat entre l’entreprise publique Saidal, et des entreprises privĂ©es algĂ©riennes "qui ont l’expertise nĂ©cessaire dans la production de mĂ©dicaments", a-t-il affirmĂ©. Selon le directeur gĂ©nĂ©ral de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, l’AlgĂ©rie va tenter de couvrir la demande nationale de ce vaccin dans un premier temps, pour passer, en seconde phase, Ă l’exportation, "notamment vers les pays voisins", a-t-il prĂ©cisĂ©. Pour rappel, l’AlgĂ©rie et la Russie sont convenues, lors d’une audience accordĂ©e dimanche par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, Ă l’ambassadeur de la FĂ©dĂ©ration de Russie Ă Alger, Igor Beliaev, d’initier des contacts dans le but d’instituer une coopĂ©ration bilatĂ©rale dans le domaine de la fabrication du vaccin anti-Covid-19, russe "Sputnik V" en AlgĂ©rie. Les deux parties sont d’accord, Ă cet Ă©gard, pour Ă©tablir des contacts entre les services compĂ©tents des deux pays, dans le but d’instituer une coopĂ©ration bilatĂ©rale dans le domaine de la fabrication du vaccin russe Sputnik V en AlgĂ©rie.
Le vaccin russe Spoutnik V efficace Ă plus de 91%
Le vaccin Spoutnik V, au sujet duquel la Russie avait été accusée de manquer de transparence, est efficace à 91,6% contre les formes symptomatiques du Covid-19, selon des résultats publiés mardi dans la revue médicale The Lancet et validés par des experts indépendants.
"Le dĂ©veloppement du vaccin Spoutnik V a Ă©tĂ© critiquĂ© pour sa prĂ©cipitation, le fait qu’il ait brĂ»lĂ© des Ă©tapes et une absence de transparence. Mais les rĂ©sultats rapportĂ© ici sont clairs et le principe scientifique de cette vaccination est dĂ©montrĂ©", ont estimĂ© deux spĂ©cialistes britanniques, les professeurs Ian Jones et Polly Roy, dans un commentaire joint Ă l’Ă©tude du Lancet.Cela "veut dire qu’un vaccin supplĂ©mentaire peut dĂ©sormais rejoindre le combat pour rĂ©duire l’incidence du Covid-19", ont insistĂ© ces chercheurs qui n’ont pas euxmĂŞmes Ă©tĂ© impliquĂ©s dans l’Ă©tude. Ces premiers rĂ©sultats, vĂ©rifiĂ©s d’efficacitĂ©, corroborent les affirmations initiales de la Russie, accueillies avec mĂ©fiance Ă l’automne dernier par la communautĂ© scientifique internationale. Ils semblent classer Ă ce stade le Spoutnik V parmi les vaccins les plus performants, avec ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna (autour de 95%), qui utilisent pourtant une technologie diffĂ©rente (l’ARN messager). Ces dernières semaines, des voix ont commencĂ© Ă s’Ă©lever en Europe pour que l’Agence europĂ©enne des mĂ©dicaments (EMA) Ă©value rapidement le Spoutnik V, dĂ©jĂ utilisĂ© en Russie et dans quelques pays (dont l’Argentine ou l’AlgĂ©rie). Les rĂ©sultats publiĂ©s dans The Lancet proviennedu dernier stade des essais cliniques du vaccin, la phase 3, qui porte sur près de 20.000 participants. Comme toujours en pareil cas, ces rĂ©sultats Ă©manent de l’Ă©quipe qui a Ă©laborĂ© le vaccin puis menĂ© les essais, et ils ont ensuite Ă©tĂ© soumis Ă d’autres scientifiques indĂ©pendants avant publication. Ils montrent que le Spoutnik V rĂ©duit de 91,6% le risque de contracter une forme symptomatique de Covid-19.
Les participants Ă l’essai menĂ© entre septembre et novembre, ont tous reçu deux doses de vaccin ou de placebo Ă trois semaines d’intervalle. Les participants Ă l’essai menĂ© entre septembre et novembre ont tous reçu deux doses de vaccin ou de placebo Ă trois semaines d’intervalle. A chaque fois, cela s’accompagnait d’un test PCR. Dans les jours suivant l’administration de la deuxième dose, un test PCR n’Ă©tait rĂ©alisĂ© que chez les personnes qui dĂ©veloppaient des symptĂ´mes. Au total, 16 volontaires sur 14.900 qui avaient reçu les deux doses du vaccin ont Ă©tĂ© testĂ©s positifs (soit 0,1%), contre 62 sur 4.900 qui avaient reçu le placebo (soit 1,3%). Les auteurs pointent toutefois une limite: dans la mesure oĂą les PCR n’ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s "que quand les participants ont dĂ©clarĂ© ĂŞtre atteints de symptĂ´mes du Covid, l’analyse de l’efficacitĂ© ne porte que sur les cas symptomatiques". "D’autres recherches sont nĂ©cessaires pour cerner l’efficacitĂ© du vaccin sur les casasymptomatiques et sur la transmission" de la maladie, poursuit The Lancet dans un communiquĂ©. Par ailleurs, en se basant sur quelque 2.000 cas de personnes de plus de 60 ans, l’Ă©tude juge que le vaccin semble efficace dans cette classe d’âge.
Enfin, des donnĂ©es partielles semblent montrer qu’il protège extrĂŞmement bien contre les formes modĂ©rĂ©es Ă sĂ©vères de la maladie. Le Spoutnik V russe est un vaccin « Ă vecteur viral »: on prend pour base d’autres virus, rendus inoffensifs et adaptĂ©s pour combattre le Covid. C’est Ă©galement la technique utilisĂ©e par le vaccin d’AstraZeneca/Oxford, efficace Ă 60% selon l’Agence europĂ©enne des mĂ©dicaments (EMA). Mais alors que le vaccin d’AstraZeneca est basĂ© sur un unique adĂ©novirus de chimpanzĂ©, le Spoutnik V russe utilise deux adĂ©novirus humains diffĂ©rents, pour chacune des deux injections. Selon ses concepteurs, le fait d’utiliser pour le rappel un adenovirus diffĂ©rent de celui de la première injection pourrait provoquer.