GĂ©rald Darmanin, ministre de l’IntĂ©rieur français, en visite de travail en AlgĂ©rie n’a pas Ă©voquĂ© publiquement Ă Alger la demande relative au renvoi d’AlgĂ©riens soupçonnĂ©s de radicalisme et en situation irrĂ©gulière en territoire français. Des personnes inscrites au FSPRT (Fichier des signalements pour la prĂ©vention de la radicalisation Ă caractère terroriste), considĂ©rĂ©es comme "potentiellement dangereuses" et dont le nombre reste indĂ©fini.
"A la demande du prĂ©sident de la RĂ©publique, nous avons accĂ©lĂ©rĂ© les retours des personnes (radicalisĂ©es) et nous avons choisi de donner une liste Ă chacun de ces pays pour qu’ils puissent reconnaĂ®tre les citoyens qui dĂ©pendent de leur pays, avoir le retour de ces citoyens chezeux. Nous avons commencĂ© avec nos amis marocains… nous comptons bien continuer effectivement avec la Tunisie et l’AlgĂ©rie et demain avec la Russie", a prĂ©cisĂ© GĂ©rald Darmanin dans une vidĂ©o postĂ©e sur sa page Facebook . Selon les autoritĂ©s françaises, 70 % des personnes "radicalisĂ©es" sont d’origine maghrĂ©bine ou russe. En tournĂ©e mĂ©diterranĂ©enne depuis jeudi 5 novembre, le ministre français, qui a parlĂ© de ses origines algĂ©riennes dans une interview au quotidien Le Parisien, a Ă©tĂ© reçu Ă l’aĂ©roport Houari- Boumediène par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du ministère de l’IntĂ©rieur, des CollectivitĂ©s locales et de l’AmĂ©nagement du territoire. Habituellement, les ministres français arrivant en AlgĂ©rie sont reçus par leurs homologues. GĂ©rald Darmanin a eu des entretiens avec le Premier ministre Abdelaziz Djerad, le ministre des Affaires religieuses Youcef Belmehdi et le ministre de l’IntĂ©rieur Kamel Beldjoud. Sur sa page Facebook, le ministre français a publiĂ© des photos accompagnĂ©es de commentaires.
"Très heureux d’avoir pu rencontrer M. Youcef Belmehdi, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, pour approfondir notre coopĂ©ration et rĂ©affirmer l’engagement de l’État français Ă garantir la libertĂ© de culte", Ă©crit-il. "La France et l’AlgĂ©rie sont liĂ©es par une relation d’amitiĂ© indĂ©fectible", note-t-il après l’audience accordĂ©e par le Premier ministre.Avec Kamel Beljoud, GĂ©rald Darmanin dit avoir eu "un Ă©change fructueux pour renforcer encore notre Ă©troite coopĂ©ration notamment sur le sujet migratoire et la lutte contre le terrorisme". "Ce qui compte, c’est d’avoir des informations après l’attentat ignoble de Nice, les services italiens et les services tunisiens nous ont beaucoup aidĂ© Ă identifier la personne (l’auteur prĂ©sumĂ© de l’attentat est un jeune clandestin tunisien), Ă connaĂ®tre ses habitudes, sa famille, ses rĂ©seaux pour pouvoir apprĂ©hender Ă©videment le terrorisme islamiste qui frappe le territoire national et, finalement, tout le continent europĂ©en comme le montre encore l’attentat de Vienne", a soulignĂ© GĂ©rald Darmanin dans la mĂŞme vidĂ©o. Dans une brève dĂ©claration Ă la presse, le ministre français de l’IntĂ©rieur n’a pas prĂ©cisĂ© s’il eu une rĂ©ponse Ă sa demande sur le renvoi de radicaux algĂ©riens mais a saluĂ© la coopĂ©ration sĂ©curitaire entre l’AlgĂ©rie et la France dans la lutte contre le terrorisme. Une coopĂ©ration qui continue, selon lui.
Kamel Beldjoud n’a, de son cĂ´tĂ©, pas fourni beaucoup de dĂ©tails sur la teneur de ce qui a Ă©tĂ© discutĂ© avec son homologue français. "Nous avons Ă©voquĂ© les relations bilatĂ©rales distinguĂ©es et les voies et moyens de les amĂ©liorer. Nous avons abordĂ© les questions de l’Ă©migration clandestine, les relations entre les deux secteurs notamment la protection civile, la formation professionnelle et l’Ă©change entre les diffĂ©rentes structures des deux dĂ©partements ministĂ©riels", a-t-il prĂ©cisĂ©, citĂ© par l’agence APS. "Globalement, nos visions Ă©taient convergentessur tous les sujets que nous avions abordĂ©s", a-til ajoutĂ©. Des cadres des deux ministères de l’intĂ©rieur ont tenu durant la journĂ©e une sĂ©ance de travail.
Youcef Belmehdi a, pour sa part, insistĂ© sur "le bannissement de toutes formes de violence et d’extrĂ©misme, quelle que soit leur origine. L’Islam est une religion d’amour, de paix et de coexistence. Ce sont lĂ , les recommandations que nous ne cessons pas de prodiguer aux imams dĂ©tachĂ©s Ă la Grande MosquĂ©e de Paris et auxquelles tous les imams dĂ©tachĂ©s en Frances’attachent Ă concrĂ©tiser", a ajoutĂ© Youcef Belmehdi, d’après un communiquĂ© du ministèredes Affaires religieuses. Paris a dĂ©cidĂ© rĂ©cemment de mettre fin Ă "l’Islam consulaire". Aussi, l’AlgĂ©rie, le Maroc et la Turquie ne pourront-ils plus envoyer des imams en France pour assurer les prĂŞches et les prières.
Par : C. A.