Le Midi Libre - evénement - La "violence expressive via les rĂ©seaux sociaux est inadmissible"
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Edition du 18 Octobre 2020



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Belhimer, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement
La "violence expressive via les réseaux sociaux est inadmissible"
18 Octobre 2020

La "violence expressive véhiculée par les réseaux sociaux est inadmissible et menace le tissu social national"...

C’est ce qu’a affirmĂ©, samedi, le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, le professeur Ammar Belhimer, assurant que son dĂ©partement ministĂ©riel saisira la justice "chaque fois que nĂ©cessaire". Le poids des nouvelles technologies de communication ne fait point de doute. Il reste Ă  connaĂ®tre la qualitĂ© du message qui est, malheureusement, Ă  bien des Ă©gards peu enviable.

La "violence expressive" qui se dĂ©verse sur nos rĂ©seaux sociaux est inadmissible et menace le tissu social de banalisation de l’incivisme, de brutalisation et d’"ensauvagement, imposant ce que d’aucuns ont appelĂ© une - dĂ©mocratisation de la mĂ©chancetĂ© - et d’autres -passions tristes-", a dĂ©plorĂ© le ministre dans un entretien accordĂ© hier Ă  l’APS. Abordant l’impact du foisonnement des "fake news" sur les rĂ©seaux sociaux et dans la presse Ă©lectronique, il s’est rĂ©fĂ©rĂ© aux rĂ©sultats d’un sondage rĂ©alisĂ© par Immar enavril 2019, selon lesquels 18 millions d’AlgĂ©riens sont quotidiennement exposĂ©s aux chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision, 17 millions Ă  Internet, 15,5 millions aux mĂ©dias sociaux, 3 millions aux radios et, enfin, 2,6 millions sont des lecteurs. Tout en s’opposant Ă  la "banalisation et Ă  la lĂ©gitimation de la violence, sous quelque forme que ce soit, dans le dĂ©bat public, oĂą qu’il se dĂ©roule et quel que soit son enjeu", M. Belhimer a indiquĂ© que cette violence donne libre cours aux "trolls", rappelant qu’il s’agit d’une expression dĂ©signant "les internautes plus ou moins malveillants dont l’objectif est de - pourrir - des fils de discussion en gĂ©nĂ©rant artificiellement des polĂ©miques".

"Au-delĂ  du - trolling - et de l’agressivitĂ© comme registre d’expression, que l’on pourrait rĂ©unir sous le terme d’-i ncivilitĂ©s -, le cyber-harcèlement militant et les discours de haine, mĂŞme s’ils sont punis par la loi, en raison des dommages psychologiques qu’ils peuvent occasionner cheznleurs victimes, ont Ă©galement des effets nĂ©fastes sur le dĂ©bat public et peuvent ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme des atteintes au pluralisme dĂ©mocratique, car engendrant des phĂ©nomènes de censures collectives et d’autocensure qui appauvrissent le dĂ©bat", poursuit le ministre. Tout en qualifiant ces produits informationnels motivĂ©s par l’argent de "particulièrement nocifs", le Porte-parole du gouvernement a estimĂ© que le dispositif rĂ©pressif mis en AlgĂ©rie pour lutter contre ce phĂ©nomène "n’est pas plus sĂ©vère que d’autres", rappelant que la loi 20-05 du 28 avril 2020 relative Ă  la prĂ©vention et Ă  la lutte contre la discrimination et le discours de haine comprend 48 articles, rĂ©partis en 7 chapitres, traitant des mĂ©canismes de prĂ©vention contre la discrimination et le discours de haine. De mĂŞme que ladite loi stipule des règlesprocĂ©durales ainsi que tout ce qui se rapporte aux dispositions pĂ©nales, Ă  la coopĂ©ration judiciaire et aux peines dĂ©finitives, dĂ©taille-t-il encore, avant de rappeler la disposition prĂ©voyant "une peine d’emprisonnement de deux (2) ans Ă  cinq (5) ans et une amende de 200.000 DA Ă  500.000 DA, pour quiconque produit, fabrique, vend, propose Ă  la vente ou Ă  la circulation des produits, des marchandises, des imprimĂ©s, des enregistrements, des films, des cassettes, des disques ou des programmes informatiques ou tout autre moyen portant toute forme de discours pouvant provoquer la commission des infractions prĂ©vues par la loi".

Ces dispositions, a-t-il commentĂ©, s’ajoutent au nouveau dispositif d’incrimination et de rĂ©pression de la diffusion et de la propagation de fausses informations portant atteinte Ă  l’ordre et Ă  la sĂ©curitĂ© publics, citant l’amendement de l’article 196 bis du code pĂ©nal qui prĂ©voit de punir "quiconque volontairement diffuse ou propage, par tout moyen, dans le public des nouvelles ou informations, fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© ou Ă  l’ordre public, compte tenu de l’effroi qu’ils sèment au sein des citoyens et du climat d’insĂ©curitĂ© qu’ils gĂ©nèrent dans la sociĂ©tĂ©". InterpellĂ© sur le rĂ´le du dĂ©partement qu’il dirige, quant au respect du droit, son premier responsable rĂ©torque en ces termes : "Le ministère de la Communication ne peut pas se taire devant les publications Ă©lectroniques nausĂ©abondes attentant Ă  l’honneur et Ă  la dignitĂ© des responsables de l’État et saisira la justice chaque fois que de besoin pour que les sanctions les plus sĂ©vères soient prononcĂ©es contre leurs auteurs". Face aux dĂ©rives d’une "presse de caniveau", explicite-t-il encore, l’article premier du dĂ©cret exĂ©cutif 11-216 du 12 juin 2011 fixant ses attributions officielles ordonne ceci : "Dans le cadre de la politique gĂ©nĂ©rale du Gouvernement et de son plan d’action, approuvĂ©s conformĂ©ment aux dispositions de la Constitution, le ministre de la Communication exerce ses attributions sur l’ensemble des activitĂ©s liĂ©es Ă  la promotion, la consolidation de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© d’expression ainsi qu’au dĂ©veloppement de la communication".

"En l’espèce, il s’agit des atteintes Ă  la libertĂ© d’expression bien comprise, dans le strict et absolu respect de la vie privĂ©e, du droit Ă  l’image, du secret de la correspondance de l’honneur et de la dignitĂ© des citoyens. En tant que Porte-parole du gouvernement, je suis tenu Ă  la solidaritĂ© gouvernementale, ce qui m’autorise Ă  recourir aux articles 144 et 146", argumente-t-il, considĂ©rant, par ailleurs, que "le recours rĂ©current Ă  la norme juridique Ă©mane de notre conviction que le mĂ©pris de la caution juridique et la violation de la règle de droit, ou encore la non-exĂ©cution des dĂ©cisions de justice, y compris - peut ĂŞtre bien plus - par notre corporation car elle est tenue de donner l’exemple - sont antinomiques avec l’État de droit que nous aspirons Ă  construire". Belhimer souligne, Ă  ce propos, que "les premiers chantiers du secteur portent sur le rapatriement des activitĂ©s de communication sous l’empire du droit, qu’il s’agisse des sites Ă©lectroniques, des agences de communication, de la publicitĂ© ou encore des chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision dites -

thĂ©matiques -, en dehors de l’action visant un exercice apaisĂ© du mĂ©tier de journaliste qui conjugue libertĂ© et responsabilitĂ©". "Le rĂ©flexe, fortement ancrĂ©, du mĂ©pris de la règle de droit et son corollaire, la sousestimation, de la caution juridique ont tendanceĂ  pousser des minoritĂ©s actives Ă  prendre des raccourcis autoritaires qui peuvent crĂ©er des situations de rupture dommageables et despotiques", dĂ©plore le ministre, en guise de conclusio

Par : RAHIMA RAHMOUNI

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