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Edition du 9 Juin 2020



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L’Opep joue la prudence
Pas de réduction de quotas en juillet
9 Juin 2020

Bien que très substantielle, la rĂ©duction de 9,7 millions de barils/jour dĂ©cidĂ©e lors de larĂ©union du 12 avril 2020, s’est en effet avĂ©rĂ©e insuffisante pour faire remonter les prix...

Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pĂ©trole (Opep) auxquels s’est jointe la Russie onttenu le samedi 6 juin 2020, une visioconfĂ©rence, Ă  l’effet de gĂ©rer du mieux possible l’offre mondiale d’hydrocarbures. Initialement prĂ©vue pour la semaine prochaine, la rencontre en question a Ă©tĂ© avancĂ©e,pour on ne sait quelle raison, sur proposition, dit-on, du ministre algĂ©rien de l’Énergie Mohamed Arkab, auquel Ă©choit cette annĂ©e la prĂ©sidence tournante du Cartel.Il y avait chez les plus petits producteurs de pĂ©trole, une rĂ©elle inquiĂ©tude de se voircontraints de rĂ©duire Ă  nouveau leurs quotas de productions dont la faiblesse commençait Ă  poser de sĂ©rieux problèmes de recettes, mais aussi et surtout, d’aptitude Ă  honorer les contrats commerciaux en cours. L’AlgĂ©rie qui n’encaissera cetteannĂ©e que 19 milliards de dollars derecettes d’hydrocarbures et qui Ă©prouve de plus en plus de difficultĂ©s Ă  satisfaire ses commandes de gaz et pĂ©trole, en est le parfait exemple. Une rĂ©duction supplĂ©mentaire du quota 800.000 barils/jour Ă  laquelle la confĂ©rence du 12 avril 2020 l’avait astreinte, aurait donnĂ© un coup fatal Ă  ses recettes d’hydrocarbures qui avaientdĂ©jĂ  fortement dĂ©clinĂ©es, en raison del’effondrement des cours et de la baisse des quantitĂ©s exportĂ©es.

Il faut en effet savoir que depuis la dernière rĂ©union de l’Opep qui a contraint l’AlgĂ©rie Ă  rĂ©duire son quota de production de 200.000 barils/jour, notre pays ne produit plus que 800.000 barils/Jour. Une bonne partie de cette production est destinĂ©e Ă  la consommation intĂ©rieure et le reste Ă l’exportation. Avec un aussi faible niveau d’exportation Ă  des prix qui ne rĂ©munèrent mĂŞmepas les coĂ»ts de production, l’AlgĂ©rie n’encaissera dans le meilleur des cas, qu’environ 20 milliards de dollars cette annĂ©e. Trop insuffisant pour rĂ©pondreaux besoins d’une demande sociale qui dĂ©passe allègrement 60 milliards de dollars par an ! Bien que très substantielle, la rĂ©duction de9,7 millions de barils/jour dĂ©cidĂ©e lors de la rĂ©union du 12 avril 2020, s’est en effet avĂ©rĂ©e insuffisante pour faire remonter les prix, d’oĂą la crainte que le Cartel, dirigĂ© par les plus grands pays producteurs (Arabie saoudite, certains pays du Golfe et la Russie), impose une rĂ©duction supplĂ©mentairedes quotas. Il ne l’a pas fait caren rĂ©alitĂ©, peu de pays souhaitaient une hausse trop substantielle des cours quipourrait nuire Ă  l’Ă©conomie mondiale quicommence Ă  peine Ă  donner quelques petits signes de reprise.

L’AmĂ©rique de Donald Trump en pleine campagne prĂ©sidentielle, ne souhaiterait pas non plus, qu’un baril trop cher se rĂ©percute sur les prix des carburants auxquels sont très attachĂ©s les amĂ©ricains appelĂ©s Ă  voter très prochainement.Si les prix de l’essence se mettaient Ă  flamber, Donald Trump raterait Ă  coup sĂ»r le deuxième mandat auquel il prĂ©tend. Il y a donc certainement eu des accords secrets entre les dirigeants saoudiens et la Maison Blanche pour que l’OPEP impose un statu quo consistant Ă  Ă©viter une nouvelle rĂ©duction des quotas, en s’en tenant seulement Ă  l’accord du 12 avril 2020. Cet accord consistait, faut-il le rappeler, Ă  rĂ©duire la production mondiale de pĂ©trole selon un calendrier Ă©talĂ© sur les annĂ©es 2020, 2021 et 2022. C’est ainsi qu’après la coupe de 9,7 millions de barils effectuĂ©e en mai 2020, des rĂ©ductions moins fortes etprogressives sont prĂ©vues pour le 1er juillet (7,7 millions de barils/jour) et janvier2021 (5,8 millions de barils/jour) mais on a prĂ©fĂ©rĂ© ne pas y recourir tant que la conjoncture mondiale reste encore fragile.

Cette substantielle rĂ©duction des quotas imposĂ©e Ă  tous les pays de l’Opepainsi qu’Ă la Russie, a tout de mĂŞme permis au baril de Brent de passer de 15 dollars(fin avril) Ă  40 dollars en ce dĂ©but du mois de juin. Ce n’est effectivement pasrien, mĂŞme si ce redressement des prixreste encore insuffisant au regard des pays qui, comme l’AlgĂ©rie, ne vivent que de cette rente.

Par : RACIM NIDAL

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