La gĂ©nĂ©rale de la pièce de théâtre Masrahiyet Essoussa, un psychodrame teintĂ© d’une pointe tragi-comique mettant en scène la relation souvent tendue entre la bru et les beaux-parents, ainsi que les problèmes d’hĂ©ritage pouvant conduire jusqu’au drame familial, a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e samedi soir Ă Alger, au théâtre national Mahieddine-Bachtarzi.
Sur un texte de Sid-Ali Bouchafaâ et une mise en scène de Djamel Guermi, le spectacle, d’une durĂ©e d’une heure vingt minutes a su garder le public, peu nombreux, en Ă©veil, avec un sujet aussi pertinent, rĂ©pandu chez les familles algĂ©riennes notamment oĂą l’hĂ©ritage devient la cause du dĂ©labrement des relations entre les membres d’une mĂŞme famille.
Youcef, jouĂ© par le scĂ©nariste, restĂ© vivre chez ses parents après son mariage, va subir les heurts devenus frĂ©quents entre sa femme (Assia Amrouche), au caractère dĂ©sinvolte, et ses parents, brillamment interprĂ©tĂ©s par Mourad Khen et Dallel Kecili, d’un âge avancĂ© et aux usages tirant leur source de la tradition oĂą les "plus jeunes" sont tenus de faire preuve de biensĂ©ance.
Lala H’nifa, la mère, voit d’un mauvais Ĺ“il les visites rĂ©pĂ©tĂ©es de "Faty" (Malika Kotni), une ancienne voisine Ă sa bru qui passe son temps Ă remonter son amie quant Ă l’idĂ©e d’hĂ©riter de la maison et du magasin de ses beaux-parents, prĂ©textant que son mari est le seul Ă subir leur sĂ©nilitĂ© alors que ses trois demi-frères, Ă©tablis Ă l’Ă©tranger, se prĂ©servent bien des contraintes et de la servitude.
Dans un dĂ©cor unique, reprĂ©sentant l’intĂ©rieur d’une habitation, le jeu d’acteurs a Ă©tĂ© concluant dans son ensemble, exploitant les accessoires et les espaces scĂ©niques de manière intelligente, Ă l’exception du personnage de Youcef qui a manquĂ© de caractère et n’a pas su gĂ©rer les silences, interprĂ©tant son rĂ´le dans certaines scènes avec outrance. L’Ă©clairage a lĂ©gèrement manquĂ© d’efficacitĂ©, privant le spectacle de certaines atmosphères nĂ©cessaires aux scènes de tensions entre les diffĂ©rents protagonistes ainsi que lors de la prĂ©paration de stratagèmes entre les deux amies ou les deux Ă©poux.
De mĂŞme pour la musique, le spectacle a Ă©tĂ© menĂ© par un seul thème musical durant toute la trame qui a souffert de l’absence quasi-totale de musiques de situations ou de bruitages pouvant accompagner la psychose et les hallucinations du mari taraudĂ© par le regret et le remord. Bien qu’elle donne l’apparence d’un travail insuffisant, faute d’une bonne prĂ©paration,
Masrahiyet Essoussa, produite par la CoopĂ©rative Fen El Masrah, posant une problĂ©matique rĂ©aliste et sociale pertinente, a rĂ©ussi Ă susciter chez le public un intĂ©rĂŞt particulier, et des rĂ©actions objectives qui dĂ©notent de la force du message vĂ©hiculĂ©. "Partout dans le monde, le problème de l’hĂ©ritage cause souvent l’Ă©clatement des familles, il doit ĂŞtre rĂ©glĂ© de manière dĂ©finitive par le père, durant son vivant, ou par le biais d’un testament clair", a commentĂ© une dame.