L’artiste algérien, Rachid Koraïchi, propose une escale culturelle inédite à Dar Abdellatif, splendide monument architectural de la période ottomane, qu’il investira du 17 mai au 13 juin prochain avec des créations récentes et une rencontre autour de son oeuvre
organisée par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel.
Le titre de cette manifestation, Maqamate, de Rachid Koraïchi à Dar Abdellatif renvoie autant au parcours de l’artiste, qui se traduit par la présente escale, qu’à son univers d’inspiration lié à la spiritualité du soufisme. L’exposition, originalement disposée dans les espaces intérieurs et les jardins de la villa Abdellatif, comprend, notamment, une série de 80 lithographies dédiées à dix grands maîtres du mysticisme musulman, dont certains sont fortement attachés à l’histoire cultuelle de l’Algérie. Il s’agit de : Sidi Boumediène Chouaïeb, Jallal Eddine El-Rûmi, Rabia El-Adawiyya, Ibn El-Arabi, Ibn Ata Allah El-Iskandari, El- Hallaj, Farid Eddine Attar, Cheïkh Sidi Ahmed Tidjani, Cheikh El-Alawi El- Moustaghanami et Sidi Abdelkader Jilani.
L’ensemble est organisé en séries de huit lithographies par personnage, offrant chacune une teinte particulière. Les couleurs varient d’un saint à l’autre. Elles sont représentatives de l’art de
Rachid Koraïchi qui, en étant résolument contemporain, s’appuie sur la calligraphie arabe et la symbolique de l’Islam, en exemple les 99 noms de Dieu qui viennent clôturer chaque série de lithographies.
Dans les jardins de Dar Abdellatif, figureront également 7 sculptures calligraphiques réalisées en bois d’ébène, intitulées Prières pour l’absente. Les vendredi 17 mai et samedi 18 mai auront lieu les rencontres associées à la manifestation réunissant des professionnels de l’art qui ont accompagné et accompagnent Rachid Koraïchi dans son parcours artistique. Il s’agit, notamment, de conservateurs de musées, de commissaires d’exposition, de directeurs de galeries et d’historiens et critiques d’art de dimension internationale qui viendront parler de l’oeuvre de Koraïchi mais également de leurs expériences et métiers.
C’est donc une double découverte qui est proposée à travers des témoignages vivants sur l’oeuvre d’un artiste et sur le fonctionnement du monde de l’art. La journée du 18 mai, qui coïncide avec la Journée internationale des musées, marquant la fin du Mois du patrimoine dans notre pays, permet, en outre, d’inscrire Dar Abdellatif dans la célébration de cet évènement annuel et de donner ainsi à cette manifestation un caractère à la fois artistique et patrimonial. Rachid Koraïchi est un peintre algérien contemporain, né en 1947 à Aïn Beïda.
En 1970, il quitte l’Algérie pour rejoindre l’école des arts décoratifs de Paris. Imprégné de culture soufie, Rachid Koraïchi s’intéresse très jeune aux manuscrits anciens et à leurs graphismes, ainsi qu’aux peintures rupestres du Tassili.
Il fera ses études à l’École des beaux-arts d’Alger et l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Ses créations sont exposées depuis 1970 dans le monde entier. Il vit depuis de nombreuses années entre Paris et la Médina de Tunis.
Il voyage fréquemment en Algérie, en Égypte… Il est présent dans de nombreux musées. Il a travaillé, notamment, avec Karel Appel. Ses amis poètes et écrivains
l’ont accompagné dans ses recherches sur les signes et il a mis en images bon nombre de leurs ouvrages. Il fut exposé en 2008 aux Rencontres d’Arles (France) pour son travail avec Ferrante Ferranti.
Rachid Koraïchi travaille sur soie, crée des tapisseries, peint sur parchemin, travaille l’argile, le kaolin, grave, utilise l’acier ou la pierre. Il ne se considère pas comme calligraphe, mais bien comme un plasticien qui se situe entre tradition et innovation : tout en puisant dans le fond culturel de son enfance baignée par un patrimoine artistique et spirituel important. Rachid Koraïchi trouve son
style et sa propre "écriture" pour décrire la vie dans ses réalités, ses beautés et la
dimension transcendante qui la sous-tend.
Attaché au symbolisme, il utilise de façon récurrente le nombre sept dans son oeuvre, ainsi que le bleu, l’or et une multitude de figures (Lune, rond, carré, étoiles…). Ses oeuvres sont imprégnées à la fois de profondeur et de poésie.