Dans le cadre d’une exposition de peintures au Centre culturel algérien courant mai 2013, Frédéric Rekaï a annoncé : «Je projette de réaliser un recueil de dessins préparatoires et d’illustrations sur le thème de l’histoire de l’Algérie à travers ses images, clichés et représentations...»
L’année 2012 a été l’année du cinquantenaire de l’indépendance de L’Algérie. A cette occasion, nous avons vu beaucoup d’images et entendu beaucoup de témoignages sur l’histoire de l’Algérie contemporaine. Ce fut le point de départ d’une réflexion sur la représentation de l’Algérie dans l’histoire.
Ce fut l’occasion pour Frédéric Rekaï de revisiter sa technique et ses expérimentations picturales sous l’angle nouveau de la mémoire et de l’histoire. Ainsi, le fauvisme sert le paysage comme l’expressionnisme se nourrit des âmes et des figures de cette terre originelle.
Frédéric Rekaï peint l’Algérie comme on peindrait un rêve, une réminiscence, une intuition de la mémoire.
Une mémoire libre et vagabonde qui abrite en son sein des visages et des images comme autant de cultures qui constituent cette terre ancestrale.
Les hommes, les femmes, les enfants et les paysages sont les personnages d’une histoire cent fois racontée mais jamais vraiment connue.
La guerre, la paix, la tranquillité d’un ciel dans les Aurès, l’ombrage d’un arbre dans un jardin en Kabylie, la blanche plénitude d’un mur peint à la chaux, le détail d’un bijou qui orne le front fier d’une jeune Algéroise, la puissance de l’homme qui porte son burnous comme seule armure.
L’œuvre de Frédéric Rekaï se décline en plusieurs palettes et techniques. Depuis ses débuts, il expérimente un savoir artistique instinctif. Que le geste soit ample ou plus ramassé, il laisse exploser l’énergie même de la création et de l’instant créatif. Ses dessins et peintures se nourrissent d’une sensibilité proche de l’expressionnisme et du symbolisme. On peut y retrouver également la flamme du fauvisme. Les thématiques mythologiques ainsi que l’histoire de la Grande peinture font référence. Son œuvre reste néanmoins unique dans sa modernité. L’expression des corps, des regards et des histoires contées permettent au spectateur de se reconnaitre, de se laisser aller au rêve avec délectation ou de nourrir l’âme d’un esprit curieux.