Le Midi Libre - Culture - «Je n’ai aucun lien familial avec les pieds-noirs ni avec l’Algérie»Contenu
Logo midi libre
Edition du 5 Mai 2012



Le Mi-Dit

Caricature Sidou


Archives Archives

Contactez-nous Contacts




Pierre Daum, au Midi libre :
«Je n’ai aucun lien familial avec les pieds-noirs ni avec l’Algérie»Contenu
5 Mai 2012

L’écrivain journaliste Pierre Daum a dédié son livre Ni valise ni cercueil aux pieds-noirs qui sont restés en Algerie après 1962, avant-hier jeudi, à la librairie du Tiers-monde à Alger. L’écrivain journaliste revient dans cet entretien sur son livre et son enquête menée en Algérie sur les pieds-noirs.

Midi libre : Pouvez-vous nous parler de votre nouveau livre ?
Pierre Daum : Mon livre est une enquête historique sur un fait historique et une page d’histoire qui est inconnue en France. Donc, j’ai repris l’histoire de ces 200.000 pieds-noirs qui ne sont pas repartis en France en 1962. Il est utile de signaler qu’avant 1962, il y avait un million de pieds-noirs résidant en Algérie. Néanmoins, en France, depuis 50 ans, tout le monde pense que ce million de pieds-noirs sont tous partis en 1962. En fait, c’est faux. Il y en a 800.000 qui sont partis mais pas tout le monde. De ce fait, les 200.000 qui sont restés en Algérie, personne n’a parlé d’eux. Ce sont les grands oubliés de l’histoire. Et donc mon livre donne la parole aux 200.000 pieds-noirs qui n’ont pas fait comme tout le monde et qui sont restés en Algérie. Il y a ceux qui sont partis trois ans plus tard et ceux qui sont partis cinq ans plus tard, mais il y a toujours des pieds-noirs qui sont vivants et qui vivent toujours en Algérie.

Pourquoi avoir choisi le thème des pieds-noirs pour votre livre ?
Moi, je n’ai aucun lien familial avec les pieds-noirs ni avec l’Algérie. Et je ne suis pas un fils de pied-noir et même mon père n’a pas fait la Guerre d’Algérie. Il y a beaucoup de Français de ma génération dont les pères ont fait la guerre d’Algérie comme soldats appelés du côté des Français. Et moi, j’ai de la chance que mon père n’ait pas fait la guerre d’Algérie et je ne suis pas un pied-noir. Donc je suis arrivé vierge en Algérie sans avoir le pardon de l’histoire. Il y a quatre ans, je suis venu en Algérie comme journaliste pour faire un reportage. Et par coïncidence, j’apprends qu’il y avait des pieds-noirs qui vivent encore en Algérie. Pour moi, et comme tous les Français, j’ai été surpris, car on était sûr que tous les pieds-noirs étaient partis d’ Algérie en 1962. Et pour un journaliste, apprendre une information pareille, c’est un scoop. Et c’est très excitant. Et donc je me suis lancé dans ce travail. Mon livre est sorti en France aux éditions Acte Sud en janvier 2012. En effet, tous les médias français ont parlé de mon livre. Parce que c’était étonnant de bousculer une idée reçue. Et ça, c’est le but de tous les journalistes. J’ai trouvé aussi en Algérie un public qui s’est intéressé à mon livre. Mon livre est sorti la semaine dernière en Algérie. Et là, ça ma fait un grand plaisir de parcourir l’Algérie durant cette semaine ; j’ai fait des conférences et des ventes dédicaces à Annaba, Constantine et Alger… Pour moi, c’est un bonheur de voir plein d’Algériens s’intéresser à mon travail. Je suis très heureux.

Est-ce que vous avez rencontré des contraintes durant votre travail ici en Algérie ?
Aux archives, je n’ai pas eu de grands problèmes et ce grâce au fait que je sois journaliste et non pas un historien, car lorsqu’on fait une thèse d’histoire, on a besoin de beaucoup d’archives. Et que ce soit en France ou en Algérie, il y a toujours des problèmes pour accèder aux archives. Et moi, j’avais besoin de quelques archives et j’y ai eu accès. Une grande partie de mon travail c’est de trouver des gens et d’avoir des témoignages. Donc, je suis parti à la recherche de ces pieds-noirs qui ne sont pas repartis en France. Et là, j’ai eu des difficultés à trouver ces gens. Parce que la plupart d’entre eux sont morts mais ceux qui sont vivants, personne n’est intéressé et personne ne sait qu’ils existent et ils étaient mal vus par la société. Ils étaient discrets. Leur principe est pour vivre heureux, il faut vivre caché. De ce fait, pour trouver leurs adresses et leurs numéros de téléphone, ce n’était pas évident. Mais moi j’ai réussi à les mettre en confiance et finalement ils m’ont livré toute leur histoire.

Par : D.B

L'édition du jour
en PDF
Le Journal en PDF
Archives PDF

El Djadel en PDF
El-Djadel en PDF

Copyright © 2007 Midilibre. All rights reserved.Archives
Conception et réalisation Alstel