Le Pérou a confirmé son regain continental en s’emparant de la troisième place de la Copa America, samedi à La Plata, grâce à un triplé de Guerrero au détriment du Venezuela (4-1), généreux mais naïf, et qui a de toute façon réalisé le meilleur tournoi de son histoire.
L’Albirroja, titrée en 1939 et 1975 et dont le meilleur résultat récent était une 4e place en 1997, monte sur le podium d’une Copa America pour la septième fois de son histoire. Elle effectue surtout un spectaculaire rétablissement après avoir terminé à la dernière place du groupe sud-américain de qualifications au Mondial-2010. Le sélectionneur Sergio Markarian, qui avait repris à la suite de ce fiasco, peut envisager plus sereinement la campagne pour 2014. Signe de l’importance donnée à cette petite finale par les deux équipes, les sélectionneurs avaient limité la rotation, à rebours de la tradition de laisser jouer les "coiffeurs". Manquaient cependant au coup d’envoi les capitaines Vargas (suspendu) et Arango (remplaçant). Le Pérou, apparu bien terne en demi-finale (0-2 face à l’Uruguay), a réagi en montrant un peu plus d’envie et d’esprit d’entreprise. Mais c’est par un grand réalisme, s’appuyant sur un Guerrero décisif, qu’il fit la différence. Seule la naïveté vénézuélienne en défense, doublée du sens de la contre-attaque des Péruviens, ont fait basculer le match en leur faveur, sous l’impulsion de Guerrero, auteur d’un triplé (65e, 90e, 90e+3) et passeur décisif sur l’ouverture du score de Chiroque (42e). Le capitaine de l’équipe à bande rouge prenait ainsi seul la tête du classement des buteurs du tournoi (5 buts). La Vinotinto, même réduite à dix après le carton rouge de Rincon (59e), son deuxième du tournoi, affichait pourtant la même générosité qu’en quart contre le Paraguay (0-0 a.p., 3-5 t.a.b.) et dominait les débats en multipliant les occasions nettes, entre les tentatives de Fedor détournée par le gardien (34e) et à ras du poteau (47e), et la reprise ratée de Cichero devant la cage grande ouverte (82e). Un activisme récompensé par la réduction du score d’Arango (78e). Mais en terminant au pied du podium et avec une telle raclée, le Venezuela pourra nourrir des regrets.