Quel avenir pour notre patrimoine Ă l’ère de la mondialisation ? Quelle place le patrimoine matĂ©riel et immatĂ©riel prend-t-il au sein de la vie courante de ces citoyens ? Les jeunes ont-ils conscience de son importance ?
Autant de questions qui ne cessent de s’ajouter Ă d’autres durant ce moi du Patrimoine qui a commencĂ© le 18 avril courant pour s’achever le 18 mai prochain.
Un mois s’suffira-t-il pour rĂ©pondre Ă tant de questions ou mieux encore pour rĂ©soudre les problèmes relatifs au patrimoine ? Certainement pas.
Car l’AlgĂ©rie recèle un patrimoine innombrable qui ne peut faire l’objet d’une seule confĂ©rence et encore moins de quelques journĂ©es. Car dans chaque wilaya, dans chaque dĂ©partement, dans chaque village, nous constatons un patrimoine diversifiĂ© et riche en monuments historiques, culturels, oraux… d’une valeur inestimable.
Casbah, souika, ksour, jardin d’essai, tradition orale… font indĂ©niablement la richesse culturelle et civilisationnelle de notre pays.
Avec toutes les festivitĂ©s organisĂ©es Ă l’occasion du mois du Patrimoine, pourrions-nous espĂ©rer la sauvegarde ou la valorisation de ces richesses ?
Car ce qui est constatĂ© aujourd’hui, malheureusement, c’est que notre patrimoine diversifiĂ© et riche n’est pas exploitĂ© de manière intelligente d’autant plus lorsqu’on sait pertinemment que cela peut donner au tissu urbain une qualitĂ© et une beautĂ© qui draineront des touristes du monde entier.
Pourquoi ne pas espĂ©rer qu’un jour, peut-ĂŞtre, nos palais et ksour seront judicieusement mis en relief ? Ainsi notre culture reflètera l’image d’une AlgĂ©rie cosmopolite dans laquelle diverses langues, cultures et traditions se mĂ©langent pour donner une richesse humaine foisonnante.
Nous pourrions, de surcroit, espérer que la vaste population, surtout jeune, exhibera avec fierté sa culture, son appartenance à un patrimoine multiséculaire matériel et immatériel.
Nous constatons malheureusement que plusieurs sites historiques ont Ă©tĂ© dĂ©truits, faisant ainsi disparaĂ®tre avec eux notre histoire et notre identitĂ©. Pourquoi le passĂ© ne cĂ´toie-t-il pas le prĂ©sent pour que l’un reflète notre appartenance et l’autre nous mène et nous Ă©claire vers l’avenir ?
Vu ces Ă©tats des lieux, plusieurs spĂ©cialistes ne cessent de tirer la sonnette d’alarme pour qu’il y ait un sursaut dans le but de le protĂ©ger.
La Casbah, Ă elle seule, est l’un des exemples les plus affligents Ă citer. A elle seule elle reflète la dĂ©chĂ©ance urbaine, culturelle et civilisationnelle de nos sites. La polĂ©mique ne cesse d’alimenter les milieux culturels quant au plan de sauvegarde des spĂ©cialistes. Alors quelques-uns rĂ©clament la rĂ©habilitation en relogeant les habitants de la Casbah et d’autres sont pour les garder car la vie de la vieille MĂ©dina n’aura pas autant de charme qu’avant.
Bien que chaque annĂ©e plusieurs villes fĂŞtent ce patrimoine, nous n’avons jamais constatĂ© Ă nos jours une plateforme Ă©mise après ces festivitĂ©s ou des recommandations de la part des intervenants durant les journĂ©es d’Ă©tudes. A quoi alors servirait ces manifestations si ce n’est pour revaloriser et remettre sur pied notre patrimoine ?