L’insalubrité ne choque, malheureusement, presque plus, les décharges informelles ayant fini par s’imposer comme faisant partie intégrante de notre paysage quotidien. Draâ Essouta est l’exemple le plus illustratif en la matière.
Draâ Essouta fait partie des quartiers algérois les plus menacés en matière de santé publique. En effet dire que ce quartier est sale est loin de réfléter la tragique réalité, que la pauvreté des mots est loin de réussir à qualifier. Le camion de collecte des ordures ne passant qu’un jour sur trois, cela a conduit à la démultiplication des décharges publiques.
Ce qui est le plus malheureux, c’est que ce genre de spectacle ne choque presque plus, les décharges informelles ayant fini par s’imposer comme faisant partie de notre paysage. Draâ Essouta est l’exemple le plus illustratif de cette situation. En fait, les bennes publiques occupent un espace assez important à l’entrée de cette localité, à savoir juste à côté des des habitations. De ce fait les familles résidant dant cet îlot subissent de plein fouet les conséquences de cette insalubrité. « Les gens évitent de passer par là suaf en cas de nécéssité absolue pour rendre visite à la famille ou aux amis », nous avoue Djalal. « Notre quartier se trouve moin des regards. Peut-être est-ce la raison de cet abandon », poursuit Djalal. Un autre risque est également soulevé par les familles qui dénoncent la proximité de cette décharge d’une école primaire. En fait la décharge se trouve à quelque 100 m de cet établissement. Les élèves sont contraints de passer par cette répugnante décharge pour se rendre en classe. Par crainte que leurs enfants n’en fassent un terrain de jeu, les pères de famille n’ont trouvé d’autre solution que d’y mettre le feu aggravant encore le danger sur la santé publique. Cette dangereuse solution certes fait disparaître les ordures mais génère des odeurs nauséabondes qui durent des jours et s’insinuent partout au grand dam des personnes souffrant de maladies respiratoires. Dans leur malheur les habitants de Draâ Essouta nous disent qu’il y a eu une nette amélioration puisqu’auparavent les ordures ménagères restaient en place une dizaine de jours ou plus. En dehors de l’insalubrité et des odeurs terribles émanant de cette décharge, les familles sont en outre exposées à d’autres menaces. En plus des mouches et des moustiques, des rats et des serpents arrivent à s’introduire à l’intérieur des habitations. Fatma, une mère au foyer nous dira à ce propos : « On inspecte chaque soir toutes les pièces et surtout nos lits avant d’y dormir. On prend également la précaution de fermer toutes les fenêtres et les portes. On bouche la moindre issue pour écarter un éventuel risque ». En attendant une solution salutaire qui viendra mettre fin à leurs conditions de vie lamentables, les familles à Draâ Essouta continuent de vivre dans un environnement malsain et à se calfeutrer chez eux dès le crépuscule.